Donald Trump jugé pour avoir gonflé ses actifs immobiliers, le premier procès d’une longue série

Poursuites L’ancien président américain a annoncé dimanche soir qu’il comptait être présent aux plaidoiries d’ouverture devant la Cour Suprême de l’Etat de New York

20 Minutes avec AFP
— 
Inculpations, jugements, défense, retour sur les affaires judiciaires de Trump aux États-Unis — 20 Minutes

C’est pour une histoire d’actifs immobiliers que Donald Trump ouvre le bal de son marathon judiciaire. Ce lundi, le procès du favori des républicains à la présidentielle américaine de 2024 et de deux de ses enfants débute à New York. Ils sont accusés d’avoir gonflé de manière colossale et pendant des années leurs actifs immobiliers. L’ancien président de 77 ans a annoncé dimanche soir qu’il comptait être présent lundi aux plaidoiries d’ouverture devant la Cour Suprême de l’Etat de New York, où il est cité comme témoin.

« Je vais au tribunal demain matin pour me battre pour mon nom et ma réputation », a fait savoir l’ex-magnat de l’immobilier dans un message posté tard dans la soirée sur la plateforme Truth Social, dans lequel il qualifie la procureure générale de New York de « corrompue » et le juge chargé de l’affaire de « déséquilibré ». « Toute cette affaire est une imposture !!!! », a-t-il également écrit.

Avant-goût des procès à venir

Donald Trump ne peut pas être condamné à de la prison dans cette affaire, mais le procès va offrir un avant-goût des échéances judiciaires susceptibles de perturber sa campagne pour l’investiture républicaine. Inculpé au pénal dans quatre dossiers différents, qui n’ont pour l’instant pas entamé sa popularité auprès de la base républicaine, Donald Trump doit notamment comparaître à partir du 4 mars devant un tribunal fédéral de Washington. Il est accusé d’avoir tenté d’inverser le résultat de la présidentielle de 2020 remportée par Joe Biden.

Il aura ensuite rendez-vous avec la justice de l’Etat de New York pour des fraudes comptables, puis en Floride pour sa gestion négligente de documents confidentiels après son départ de la présidence. Le procès qui s’ouvre lundi a brusquement pris un enjeu considérable la semaine dernière lorsque le juge Arthur Engoron, qui le préside, a estimé que des « fraudes répétées » étaient établies et que le parquet général de l’Etat de New York avait d’ores et déjà démontré que Donald Trump et l’état-major de son groupe avaient « surévalué » leurs actifs entre 812 millions et 2,2 milliards de dollars de 2014 à 2021.

Retrait de licences commerciales

En conséquence, ce juge a ordonné le retrait des licences commerciales pour l’Etat de New York à Donald Trump et à deux de ses enfants, Eric Trump et Donald Trump Jr, vice-présidents exécutifs de la Trump Organization, ainsi que la confiscation des sociétés visées par la plainte, pour qu’elles soient confiées à des liquidateurs. Si elles étaient appliquées, ces sanctions porteraient « un coup majeur à la capacité de Donald Trump de faire des affaires dans l’Etat de New York », estime Will Thomas, professeur en droit des affaires à l’université du Michigan.

Donald Trump, qui a fait fortune dans l’immobilier et les casinos dans les années 1980 et avait promis de diriger les Etats-Unis comme ses entreprises, perdrait alors le contrôle sur plusieurs étendards de son groupe, comme la Trump Tower sur la 5e avenue de Manhattan. Ces propriétés sont au cœur des accusations de la procureure Letitia James : la surface du triplex de l’homme d’affaires dans la Trump Tower aurait été triplée et l’immeuble du 40 Wall Street surévalué de 200 à 300 millions de dollars dans des déclarations financières.

Injures envers les juges

La luxueuse résidence Mar-a-Lago en Floride et plusieurs golfs de la Trump Organization apparaissent également dans le dossier. La procureure réclame aussi que soient reconnues d’autres violations de lois financières et une amende de 250 millions de dollars. Donald Trump a toujours balayé les accusations et multiplie les attaques contre la procureure Letitia James, une élue démocrate afro-américaine qu’il a traitée de « raciste », et le juge Arthur Engoron, qu’il qualifie de « dérangé ».

Sur son réseau Truth Social, il a fait valoir que les banques prêteuses avaient été remboursées, « totalement, avec les intérêts, sans défaillances et sans victimes ». La défense compte aussi se battre pied à pied sur les évaluations des actifs. Le procès s’annonce technique et des dizaines de témoins sont attendus, dont trois des enfants Trump, Eric, Donald Jr et Ivanka, initialement visée par la plainte mais finalement non poursuivie, ou l’ancien directeur financier de la Trump Organization, Allen Weisselberg, qui a fait de la prison après avoir plaidé coupable de fraude fiscale dans un autre dossier visant le groupe.