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bras de ferLe syndicat automobile américain menace d’amplifier la grève

Etats-Unis : Le syndicat automobile menace d’une possible « amplification » de la grève

bras de fer« Ça fait des décennies qu’on est laissés à la traîne », a déclaré le patron de l’UAW, Shawn Fain, expliquant que les ouvriers qu’ils représentent « en ont marre »
Depuis vendredi, trois sites sont à l'arrêt : une usine General Motors à Wentzville (Missouri), une autre de Stellantis à Toledo (Ohio), ainsi qu'une antenne de Ford à Wayne (Michigan).
Depuis vendredi, trois sites sont à l'arrêt : une usine General Motors à Wentzville (Missouri), une autre de Stellantis à Toledo (Ohio), ainsi qu'une antenne de Ford à Wayne (Michigan). - Matthew Hatcher / AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

La grogne monte. Le président du syndicat UAW a menacé ce dimanche d’une possible « amplification » de la grève entamée vendredi chez les trois principaux constructeurs automobiles américains si de meilleures propositions ne sont pas faites, alors que le mouvement s’invite dans le débat politique.

« Si nous n’obtenons pas de meilleures offres (…), nous allons procéder à une amplification » de la grève, a déclaré le patron de l’UAW, Shawn Fain, lors d’une interview à la chaîne CBS. « Ça fait des décennies qu’on est laissés à la traîne », a-t-il ajouté, expliquant que les ouvriers qu’ils représentent « en ont marre ».

Trois sites sont à l’arrêt depuis vendredi

Très offensif depuis le début des négociations, il y a deux mois, Shawn Fain a ainsi fait monter d’un cran la pression alors que les discussions entre le syndicat et le « Big 3 » (General Motors, Ford, Stellantis) ont repris samedi. « Nous avons eu des discussions raisonnablement productives avec Ford aujourd’hui » pour parvenir à un compromis sur une nouvelle convention collective, a indiqué l’UAW à l’AFP samedi.

Trois sites sont à l’arrêt depuis vendredi, une usine General Motors à Wentzville (Missouri), une autre de Stellantis à Toledo (Ohio), ainsi qu’une antenne de Ford à Wayne (Michigan). Ils concernent 12.700 des 146.000 membres de l’UAW répertoriés chez les trois constructeurs, qui n’ont jamais connu une grève simultanée.

Le syndicat a, jusqu’ici, choisi de limiter la portée des arrêts de travail pour ne pas bloquer toute la production. « Stellantis et l’UAW ont entamé une étape critique des négociations », a indiqué samedi le groupe né de la fusion, en 2021, entre Fiat Chrysler Automobiles et le Français Peugeot.

Stellantis a relevé son offre et propose désormais une hausse de « près de 21 % » sur la durée de la nouvelle convention collective, soit quatre ans, contre 14,5 % il y a encore une semaine. Mais pour Shawn Fain, une offre à 21 % est largement insuffisante alors que l’UAW réclame quelque 40 % d’augmentation. « On ne veut même pas en entendre parler », a-t-il déclaré ce dimanche sur CBS. GM et Ford offrent, eux, de relever les salaires de 20 % au total.

Le président Joe Biden exposé

Le parti républicain s’est saisi de ce dossier pour fragiliser le président américain Joe Biden, dont le bilan économique est critiqué. Le chef de l’Etat « a mené une politique qui a occasionné la pire inflation en quarante ans », a déclaré, ce dimanche, l’ancien vice-président Mike Pence sur la chaîne CNN, au sujet de la grève.

Des économistes attribuent effectivement à Joe Biden une partie de la flambée des prix, tout en y associant les mesures de relance prises par Donald Trump au début de la crise du coronavirus, ainsi que les effets de la pandémie elle-même, qui a perturbé les chaînes d’approvisionnement.

« Ces employés de l’automobile, qui travaillent dur, vivent la même situation que d’autres Américains, à savoir que les salaires ne suivent pas l’inflation », a martelé Mike Pence, candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle 2024.

Lui-même candidat à un second mandat, Joe Biden a envoyé, vendredi, un message de soutien aux membres de l’UAW et appelé les constructeurs à « aller plus loin » dans leurs propositions.

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