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TENDANCENikki Haley frémit, mais peut-elle faire trembler Donald Trump ?

Primaire républicaine : Nikki Haley frémit, mais peut-elle faire trembler Donald Trump ?

TENDANCELa seule femme de la primaire est en train de rattraper Ron DeSantis et de séduire les riches donateurs, mais elle aura besoin de réduire l’écart avec Donald Trump dans l’Iowa pour espérer l’inquiéter ensuite
La candidate à la primaire républicaine Nikki Haley en Caroline du Sud, le 27 novembre 2023.
La candidate à la primaire républicaine Nikki Haley en Caroline du Sud, le 27 novembre 2023. - Meg Kinnard/AP/SIPA / SIPA
Philippe Berry

P.B.

Nikki Haley, comme on dit outre-Atlantique, « is having a moment ». Seule femme de la primaire républicaine, l’ancienne gouverneure de Caroline du Sud frémit dans les sondages, est omniprésente dans les médias, et elle séduit les riches donateurs républicains en vue de la présidentielle de 2024. Avec un nouveau débat télévisé, mercredi, réduit à seulement quatre candidats, elle pourrait tenter d’enfoncer un peu plus Ron DeSantis pour se poser comme l’unique alternative à Donald Trump. Et si les 50 points d’avance dans les sondages de l’ancien président semblent insurmontables, Nikki Haley a quand même une carte à jouer sur les trois premiers scrutins à partir de la mi-janvier.

Haley en embuscade derrière DeSantis dans les sondages

Donald Trump, qui fait pour l’instant l’impasse sur les débats télévisés, continue son échappée solitaire. L’ancien président dépasse désormais les 60 % d’intentions de vote, selon la moyenne des sondages compilés par RealClearPolitics, contre 13 % pour Ron DeSantis et 10 % pour Nikki Haley. Mais ce chiffre comptabilise les études des 30 derniers jours. Sur les quatre sondages les plus récents, DeSantis (12,5 %) et Haley (11,5 %) sont au coude à coude.

L’ancienne ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU profite de vents porteurs après chaque débat télé – où elle se montre solide sur l’international et mesurée sur l’avortement – ainsi que du report des voix des candidats qui jettent l’éponge, comme Tim Scott.

Les parieurs ne s’y trompent d’ailleurs pas : sur PredictIt, la plus grosse cote reste évidemment celle de Donald Trump (à 77 cents, sur un maximum de 99 cents), tandis que celle de Haley s’achète à 18 cents, contre seulement 6 cents pour DeSantis.

Soutiens des donateurs

Le mouvement « Never Trump » des conservateurs qui veulent n’importe quel candidat sauf Donald Trump semble s’unifier derrière Nikki Haley. La candidate a frappé un grand coup en obtenant le soutien du milliardaire Charles Koch, via son groupe Americans for Prosperity. Ce n’est pas qu’un accès à son chéquier : dans chaque Etat, AFA dispose d’employés qui feront du porte-à-porte pour tenter de convaincre les électeurs de soutenir Haley.

En face, Ron DeSantis enchaîne les restructurations de son équipe de campagne, sans parvenir à se relancer. Ken Lagone, financier principal de la chaîne de bricolage Home Depot, et qui misait jusqu’à présent sur le gouverneur de Floride, a déclaré sur CNBC que Nikki Haley était désormais « la seule » à pouvoir battre Donald Trump. Le cofondateur de LinkedIn Reid Hoffman, qui soutient les causes démocrates et veut faire barrage à Trump, a, lui, fait un chèque de 250.000 dollars à un groupe politique pro-Haley. A six semaines des premiers scrutins, Nikki Haley va pouvoir dépenser sans compter et inonder l’Iowa, le New Hampshire et la Caroline du Sud de spots télé.

Tout peut vite changer

L’avance de 50 points de Donald Trump est en partie trompeuse. Il s’agit de sondages nationaux, mais les primaires se gagnent Etat par Etat. Et dans l’Iowa, qui ouvrira le bal le 15 janvier, c’est deux fois plus serré : fin octobre, Donald Trump était à 43 %, devant Nikki Haley et Ron DeSantis à égalité à 16 %.

Si Haley parvient à finir deuxième, elle pourrait ensuite enfoncer DeSantis dans le New Hampshire – un Etat relativement modéré – le 23 janvier. Puis surfer sur cette vague et espérer créer la surprise à domicile face à Donald Trump en Caroline du Sud le 24 février.

En politique américaine, tout peut aller très vite. En décembre 2007, Barack Obama comptait 20 points de retard sur Hillary Clinton. Ça ne l’a pas empêché de remporter le caucus de l’Iowa, puis la nomination et la présidentielle.

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