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drameLes familles de victimes du crash d’EgyptAir dénoncent des « défaillances »

Crash EgyptAir : Les familles des victimes pointent la « responsabilité écrasante » de la compagnie aérienne

drameLes parties civiles espèrent la mise en cause d’EgyptAir et de certains personnels égyptiens
Un Boeing 737 d'EgyptAir sur le tarmac de l'aéroport international de Port-Soudan le 5 septembre 2023 (image d'illustration).
Un Boeing 737 d'EgyptAir sur le tarmac de l'aéroport international de Port-Soudan le 5 septembre 2023 (image d'illustration).  - AFP / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Le crash avait provoqué un choc en France. En 2016, un avion de la compagnie aérienne EgyptAir s’était abîmé en mer Méditerranée entre la Crète et la côte nord de l’Egypte. Les 66 personnes à bord, dont 40 Egyptiens et 15 Français, avaient péri. Sept ans plus tard, les familles de victimes ont estimé jeudi auprès de l’AFP qu’il y avait eu des « défaillances à tous les niveaux » au sein de la compagnie aérienne. Les parties civiles s’exprimaient à l’issue d’une réunion d’information d’environ cinq heures au tribunal judiciaire de Paris, en présence des magistrats instructeurs et d’enquêteurs.

« A tous les niveaux, la défaillance de la maintenance et l’ignorance systématique des alarmes, comme l’absence d’interdiction de fumer, démontrent une responsabilité écrasante d’EgyptAir », a affirmé à l’AFP Me Antoine Lachenaud, avocat de la famille de Clément Daeschner Cormary, décédé dans le crash. « Les experts sont unanimes sur le fait qu’il y a eu énormément d’erreurs, des personnels de bord mais aussi de ceux de la maintenance. Il y a eu un laxisme très important », a indiqué de son côté Julie Heslouin, vice-présidente de l’association des familles de victimes du vol MS 804. Les parties civiles espèrent la mise en cause d’EgyptAir et de certains personnels égyptiens.

Manque de coopération de l’Egypte

Les juges ont exposé leurs « difficultés » dans cette enquête « face à l’absence de coopération de l’Egypte », a ajouté Me Sébastien Busy, avocat de la plupart des familles de victimes et de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac). « Les familles de victimes sont indignées, écœurées par l’obstruction institutionnelle de l’Egypte » et « feront tout ce qui est possible pour parvenir à la vérité », met-il en garde.

Les familles ont été « très éprouvées », selon Me Lachenaud, par l’écoute jeudi matin des sept dernières minutes d’enregistrement du cockpit avant que le système électrique ne cesse de fonctionner. Cette écoute était « très douloureuse, mais nécessaire » et a été faite sur demande des parties civiles, a ajouté Julie Heslouin.

Fausse piste de l’attentat ?

Dans ce dossier lourd d’enjeux humains mais aussi diplomatiques, Le Caire avait affirmé en décembre 2016 avoir découvert des traces d’explosifs sur des restes de victimes. Selon une source proche du dossier présente à la réunion jeudi, les enquêteurs de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) qui ont inspecté les débris en 2018 ont trouvé des traces de TNT incompatibles avec une immersion durable dans l’eau, faisant plutôt penser à un rajout postérieur. Selon cette source, cela pourrait s’apparenter à une manipulation pour accréditer la thèse de l’attentat à l’explosif.

Paris doute de cette thèse, d’autant qu’aucune organisation n’avait revendiqué un attentat, et privilégie la piste d’un incident technique. Selon les expertises françaises, l’incendie a été déclenché par une fuite d’oxygène évitable et un équipage au comportement « non-professionnel ». Selon Julie Heslouin, les juges attendent d’ici à mi-janvier une réponse de l’Egypte à une demande d’entraide judiciaire visant à un déplacement sur place pour plusieurs auditions et l’obtention d’un document clé.

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