Egypte : Une fille de 12 ans meurt après avoir subi une excision

FAITS DIVERS En 2015, 87 % des Egyptiennes âgées de 15 à 49 ans avaient subi une excision, une pratique officiellement interdite dans le pays depuis 2008

20 Minutes avec agence

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Une femme devant une affiche anti-excision à Abidjan, en 2005.
Une femme devant une affiche anti-excision à Abidjan, en 2005. — KAMBOU SIA / AFP

Une fillette de 12 ans est décédée en Egypte après avoir subi une excision. Les parents de la victime et le médecin qui a pratiqué la mutilation du clitoris ont tous trois été arrêtés, a indiqué ce jeudi un communiqué du bureau du procureur de la région d’Assiout (sud du pays).

« Beaucoup d’autres petites filles égyptiennes devront subir de force cette opération », dénonce la directrice du Tadwein Gender Research Center, interrogée par ABC News. « Et elles seront nombreuses à mourir tant que l’Etat n’appliquera pas une stratégie claire et que cette pratique ne sera pas réellement criminalisée. »

Des juges « indulgents » sur cette pratique

La loi égyptienne a officiellement interdit l’excision en 2008, contre l’avis des conservateurs du pays. En 2016, un amendement a puni plus durement cette pratique ancestrale destinée à brider la sexualité féminine. Mais selon une étude menée par le gouvernement en 2015, 87 % des Egyptiennes âgées de 15 à 49 ans ont été excisées.

Selon les militants, il est facile de contourner la loi car celle-ci ne condamne que les excisions « dépourvues de toute justification médicale ». « Cette clause permet aux parents et aux médecins d’affirmer qu’ils n’ont pas pratiqué une excision mais qu’ils ont juste enlevé une excroissance de chair gênante », déplore l’avocat Reda el-Danbouki. « Les juges sont indulgents dans les dossiers de violences faites aux femmes. »