Egypte: Amnesty réclame la libération d'un avocat détenu pour avoir posté une photo de lui en gilet jaune

REVOLTE Sous la photo, un commentaire expliquait comment se procurer un gilet jaune malgré les restrictions mises en place par le gouvernement égyptien sur ce produit

20 Minutes avec AFP

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Des "gilets jaunes" (image d'illustration).
Des "gilets jaunes" (image d'illustration). — Alfred Photo/SIPA/SIPA

Son délit ? Avoir posté une photo de lui avec un gilet jaune, symbole du mouvement de contestation en France. L’avocat égyptien, Mohamed Ramadan a été arrêté en décembre à Alexandrie.  Amnesty International a réclamé ce lundi sa libération.

L’avocat, connu pour ses prises de position en faveur des droits humains, avait été interpellé notamment sur des accusations de « menace à la sécurité », selon sa défense. Mohamed Ramadan avait publié cette photo accompagnée d’un commentaire expliquant comment se procurer un gilet jaune après que le gouvernement égyptien eut restreint la vente dans le commerce de cet article.

Enchaîné au sol et battu

« La détention de Mohamed Ramadan pour une publication Facebook se moquant des restrictions imposées par le gouvernement sur la vente de gilets jaunes est complètement absurde », a estimé la directrice des campagnes d’Amnesty pour l’Afrique du Nord, Najia Bounaim, citée dans un communiqué lundi.

« Son cas met en lumière les mesures extrêmes que les autorités égyptiennes sont prêtes à prendre pour écraser ce qui est perçu comme le moindre défi à leur autorité », a-t-elle ajouté avant de réclamer la remise en liberté « immédiate » de l’intéressé. La détention provisoire de Mohamed Ramadan a été renouvelée tous les 15 jours depuis son arrestation le 10 décembre. Une nouvelle audience sur sa détention provisoire doit avoir lieu mardi, a indiqué lundi à l’AFP son avocat Mohamed Hafez.

Selon Amnesty International, qui cite les avocats de l’intéressé, au cours de sa détention Mohamed Ramadan aurait eu les yeux bandés, et aurait été enchaîné au sol. Il aurait également été battu. Depuis la destitution en 2013 du président islamiste élu Mohamed Morsi par l’ancien chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi, l’Etat égyptien mène une farouche répression contre toute forme de contestation du pouvoir.