VIDEO. Culture, affaires, sécurité... En visite au Caire, Macron veut resserrer les liens avec l'Egypte d'Al-Sissi

RENCONTRE Emmanuel Macron avait reçu le président égyptien en octobre 2017 à l'Elysée... 

20 Minutes avec AFP

— 

Emmanuel Macron en visite en Egypte, le 27 janvier 2019.
Emmanuel Macron en visite en Egypte, le 27 janvier 2019. — AFP

Le président français Emmanuel Macron rencontre ce lundi son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi en vue de resserrer les liens économiques, culturels et stratégiques entre les deux pays, tout en parlant « plus ouvertement » des droits de l’homme.

 

Au deuxième jour de sa visite en Egypte lundi, Emmanuel Macron sera accueilli au Caire au palais présidentiel par Abdel Fattah al-Sissi pour un entretien en tête à tête et la signature d’une trentaine d’accords et de contrats commerciaux, pour « quelques centaines de millions d’euros », selon la présidence française.

La question de la répression sera évoquée

Ces signatures, placées sous le signe de la diversification de l’offre commerciale française vis-à-vis de l’Egypte, concerneront les domaines des transports, des énergies renouvelables, de la santé ou de l’agroalimentaire. Emmanuel Macron est d’ailleurs accompagné en Egypte d’une cinquantaine de patrons français. Ce déplacement de trois jours est l’un des rares à l’étranger qu’effectue en ce début d’année le président Macron, qui se concentre depuis plus de deux mois sur la crise sociale des « gilets jaunes ». Emmanuel Macron avait reçu le président égyptien à Paris en octobre 2017, malgré les critiques des ONG qui dénoncent régulièrement l’implacable répression exercée, selon elles, par le pouvoir égyptien contre toute forme d’opposition.

Le président français avait alors refusé de « donner des leçons » à son homologue sur la question des droits de l’Homme, provoquant l’indignation des associations. Or, dimanche soir dans un entretien avec la presse française au Caire, le président Macron a affirmé qu’il allait parler « plus ouvertement » de cette question sensible au cours de sa visite.

Un « dialogue confidentiel » sur les opposants emprisonnés

Selon le président français, « les choses ont empiré depuis octobre 2017. » En conséquence, il a promis de s’exprimer « de manière plus tranchée, y compris ouvertement (…) parce que je pense que c’est l’intérêt du président Sissi et de la stabilité égyptienne ». Il a également assuré qu’il allait « avoir un dialogue confidentiel » avec le dirigeant égyptien sur « des cas individuels » d’opposants ou de personnalités emprisonnés.

Plusieurs ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), ont également appelé Emmanuel Macron à « délivrer un discours fort sur la situation catastrophique des droits humains » en Egypte, « en demandant la libération de tous les prisonniers injustement détenus ». Elles « exigent la suspension de toute vente française d’armes qui pourraient être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international ».

De nouvelles missions de fouilles en jeu

Arrivé dimanche en Egypte, Emmanuel Macron a entamé sa visite par une étape au temple d’Abou Simbel, l’un des sites archéologiques emblématiques du pays. La visite visait à mettre en lumière la coopération culturelle avec l’Egypte, particulièrement dynamique dans le domaine de l’archéologie, avec notamment 32 chantiers de fouilles sous la houlette de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO). La France espère aussi se voir confier de nouvelles missions de fouilles ou de mise en valeur des sites antiques, comme celui de Saqqarah, au sud du Caire.

Outre l’économie et la culture, la sécurité et la stabilité en Egypte et au Moyen-Orient constitueront le troisième enjeu de la visite d’Emmanuel Macron. Selon l’Elysée, l’Egypte, un pays de près de 100 millions d’habitants, est un partenaire clé de la France dans la lutte contre le terrorisme. Cet aspect sera évoqué entre les deux chefs d’Etat à la lumière de présidence tournante de l’Union africaine, que l’Egypte assumera à partir de février.