Egypte: Quatorze hommes condamnés à trois ans de prison pour homosexualité

JUSTICE Un tribunal du Caire a reconnu 14 hommes coupables de pratiquer des relations sexuelles « anormales » et d’inciter à la débauche…

20 Minutes avec agences

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Quatorze hommes supposés homosexuels ont été condamnés à trois ans de prison en Egypte (illustration).
Quatorze hommes supposés homosexuels ont été condamnés à trois ans de prison en Egypte (illustration). — Carolyn Kaster/AP/SIPA

La campagne de répression contre la communauté LGBT s’intensifie en Egypte. Ce dimanche, un tribunal du Caire a condamné 14 hommes supposés homosexuels à trois ans d’emprisonnement pour pratiques sexuelles « anormales », a indiqué Ishaq Wadie, l’un des avocats de la défense.

Les prévenus ont été escortés « sous haute surveillance » jusqu’au box. Le tribunal a autorisé leur libération contre le paiement d’une caution de 5.000 livres égyptiennes (environ 230 euros) en attendant le procès en appel, a précisé l’avocat. Trois autres accusés n’ont pas été jugés pour des raisons de procédure. Leur procès a été reporté à une date ultérieure.

Les arrestations se multiplient au Caire

Les autorités ont durci le ton après un concert du groupe libanais Mashrou' Leila au Caire, fin septembre, durant lequel une partie du public avait brandi des drapeaux arc-en-ciel, symbole de la communauté « lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres ».

Depuis, les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs arrestations dans la capitale égyptienne. Le parquet a accusé ces personnes de pratiquer des relations sexuelles « anormales » et d’inciter à la débauche.

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La loi n’interdit pas l’homosexualité mais dans les faits…

La loi égyptienne n’interdit pas l’homosexualité en tant que telle mais les tribunaux utilisent les incriminations de « débauche » ou de « prostitution » pour condamner les relations entre personnes de même sexe, essentiellement les hommes.

Au début du mois, Amnesty International avait condamné une proposition de loi criminalisant l'homosexualité, la jugeant « profondément discriminatoire » et la qualifiant de « revers pour les droits de l’Homme ». Plusieurs députés avaient en effet proposé, en octobre, un texte prévoyant des peines d’un à cinq ans (en cas de récidive) d’emprisonnement contre les personnes de même sexe ayant eu des relations sexuelles, dans les lieux publics comme privés.

La présidence et le gouvernement ne se sont pas prononcés publiquement sur le sujet.