Inauguration du nouveau Canal de Suez: Un projet titanesque

EGYPTE Inauguré ce jeudi 6 août en grande pompe en Egypte, le projet de seconde voie du canal de Suez vise à relancer l’économie du pays…

Hélène Sergent
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Un navire passe dans le canal de Suez près du port d'Ismailia, au nord-est du Caire, le 13 juin 2013
Un navire passe dans le canal de Suez près du port d'Ismailia, au nord-est du Caire, le 13 juin 2013 — - AFP

Cent quarante-cinq ans après l’ouverture du Canal de Suez, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, à la tête de l’Etat depuis son élection controversée en 2014, va tenter, comme le président Nasser en nationalisant le passage en1956, de marquer l’Histoire du pays.

Le projet de construction d’une seconde voie de passage dans le canal, reliant la mer Rouge à la mer Méditerranée, est né dès les années 80 sous la présidence d’Hosni Moubarak et a été évoqué un temps en 2013 par Mohamed Morsi. Le chantier a finalement été lancé il y a un an par Al-Sissi, pour appuyer sa légitimité à travers le pays et sur la scène internationale.

Doubler le trafic existant 

Les chefs d’Etat rassemblés ce jeudi 6 août inaugureront un nouveau canal de 37 kilomètres et l’approfondissement du canal existant sur 35 kilomètres. Ces travaux, effectués en une année au lieu de cinq comme préconisaient les ingénieurs, devraient permettre de doubler le trafic actuel. Chaque jour, 49 bateaux traversent cette voie, en 2023 selon les estimations du gouvernement égyptien, près de 97 navires devraient pouvoir circuler.


Un financement populaire

La prolongation de l’instabilité politique du pays, quatre ans après la révolution, a éloigné les investisseurs potentiels. Le nouveau canal, dont le trafic représentait 7,5 % du commerce maritime mondial selon le Conseil mondial de navigation, a été financé à 80 % par la population égyptienne après un appel à la souscription de bons de participation. Au total, près de 7,5 milliards d’euros ont été récoltés pour la réalisation des travaux.

En contrepartie, les autorités tablent sur des recettes allant de 11 à 12 milliards d’euros par an en 2023. Une somme importante qui permettrait de combler les pertes liées au déficit touristique. En Egypte, la croissance atteignait 2 % du PIB en 2013 et le taux de chômage s'élevait à près de 13 %.