En images : Le Kazakhstan sous tension à la suite de manifestions meurtrières

diaporama Les manifestations contre le régime en place qui ont dégénéré en émeutes ont fait des « dizaines" de morts

O.J. avec AFP
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Des manifestants éclairés par leurs smartphones se rassemblent dans le centre d'Almaty, au Kazakhstan, le mardi 4 janvier 2022.
Des manifestants éclairés par leurs smartphones se rassemblent dans le centre d'Almaty, au Kazakhstan, le mardi 4 janvier 2022. — VLADIMIR TRETYAKOV/AP/SIPA

Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev,a autorisé vendredi les forces de sécurité à « tirer pour tuer » afin d'étouffer les émeutes qui secouent le pays et, fort de l'appui de Moscou, a exclu de négocier avec les manifestants. Le Kazakhstan, plus grand pays d'Asie centrale, aux riches ressources naturelles, est ébranlé par une contestation qui a éclaté dimanche en province après une hausse des prix du gaz avant de s'étendre à de grandes villes, notamment Almaty, la capitale économique, où les manifestations qui ont dégénéré en émeutes contre le régime en place ont fait des « dizaines » de morts. Le point en images.


Réalisation : Olivier JUSZCZAK

  • Les gens protestent contre la hausse des prix du gaz de pétrole liquéfié sur la place Yntymak, à Aktau, au Kazakhstan, le 4 janvier 2022.
    Les gens protestent contre la hausse des prix du gaz de pétrole liquéfié sur la place Yntymak, à Aktau, au Kazakhstan, le 4 janvier 2022. — ZHANBYRBAEVKZ/TASS/SIPA

    Le 2 janvier, des manifestants, furieux de la hausse des prix du gaz naturel liquéfié (GNL), descendent dans la rue à Janaozen (région de Mangystau, ouest).

  • Les gens participent à une manifestation à Aktau au Kazakhstan, le 6 janvier 2022.
    Les gens participent à une manifestation à Aktau au Kazakhstan, le 6 janvier 2022. — TASS/SIPA

    Les manifestations, rares dans ce pays autoritaire d'Asie centrale, s'étendent ensuite à la grande ville régionale d'Aktau, sur les bords de la mer Caspienne.

  • Des manifestants éclairés par leurs smartphones se rassemblent dans le centre d'Almaty, au Kazakhstan, le mardi 4 janvier 2022.
    Des manifestants éclairés par leurs smartphones se rassemblent dans le centre d'Almaty, au Kazakhstan, le mardi 4 janvier 2022. — VLADIMIR TRETYAKOV/AP/SIPA

    Le 4 janvier, une manifestation rassemble des milliers de personnes à Almaty, la capitale économique, aux cris de « Démission du gouvernement » et « Le vieillard dehors », en référence à l'ex-président Noursoultan Nazarbaïev, mentor de l'actuel chef de l'Etat Kassym-Jomart Tokaïev, encore très influent.

  • La police anti-émeute bloque des manifestants dans le centre d'Almaty, au Kazakhstan, le mercredi 5 janvier 2022.
    La police anti-émeute bloque des manifestants dans le centre d'Almaty, au Kazakhstan, le mercredi 5 janvier 2022. — VLADIMIR TRETYAKOV/AP/SIPA

    Le président décrète l'état d'urgence à Almaty, dans la province de Mangystau ainsi que dans la capitale Nur-Sultan à partir du lendemain, avec un couvre-feu nocturne. Les messageries WhatsApp, Telegram et Signal sont inaccessibles.

  • Des policiers arrêtent un manifestant à Almaty, au Kazakhstan, le mercredi 5 janvier 2022.
    Des policiers arrêtent un manifestant à Almaty, au Kazakhstan, le mercredi 5 janvier 2022. — VLADIMIR TRETYAKOV/AP/SIPA

    Le 5, le président limoge le gouvernement. La police indique que plus de 200 personnes ont été arrêtées après les manifestations de la nuit. Près d'une centaine de policiers sont blessés.

  • Une voiture incendiée est vue la mairie en feu à Almaty, le 5 janvier 2022.
    Une voiture incendiée est vue la mairie en feu à Almaty, le 5 janvier 2022. — VALERY SHARIFULIN/TASS/SIPA

    Toujours le 5, des milliers de manifestants prennent d'assaut la mairie d'Almaty. Ils se dirigent ensuite vers la résidence présidentielle, qu'ils incendient, tout comme la mairie, et s'emparent brièvement de l'aéroport.

  • Une voiture en feu à Almaty au Kazakhstan, le 5 janvier 2022.
    Une voiture en feu à Almaty au Kazakhstan, le 5 janvier 2022. — VALERY SHARIFULIN/TASS/SIPA

    Le même jour, l'état d'urgence est étendu à tout le pays, alors que les manifestations tournent à l'émeute.

  • Le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev s'adresse au pays à la télévision, le mercredi 5 janvier 2022.
    Le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev s'adresse au pays à la télévision, le mercredi 5 janvier 2022. — EPN/NEWSCOM/SIPA

    Le président demande l'aide de Moscou et ses alliés, attribuant les émeutes à des « terroristes » entraînés à l'étranger.

  • Sur cette photo tirée d'une vidéo publiée par le service de presse du ministère russe de la Défense, des soldats de la paix russes montent à bord d'un avion militaire russe sur un aérodrome à l'extérieur de Moscou, en Russie, pour se rendre au Kazakhstan le jeudi 6 janvier 2022.
    Sur cette photo tirée d'une vidéo publiée par le service de presse du ministère russe de la Défense, des soldats de la paix russes montent à bord d'un avion militaire russe sur un aérodrome à l'extérieur de Moscou, en Russie, pour se rendre au Kazakhstan le jeudi 6 janvier 2022. — RUSSIAN DEFENSE MINISTRY/AP/SIPA

    Le 6, Moscou et ses alliés de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) envoient une « force collective de maintien de la paix ».

  • Arrestation d'un personnes participant à une manifestation contre la hausse du prix du gaz de pétrole sur la place de la République, à Amalty au Kazakhstan, le 5 janvier 2022.
    Arrestation d'un personnes participant à une manifestation contre la hausse du prix du gaz de pétrole sur la place de la République, à Amalty au Kazakhstan, le 5 janvier 2022. — DIANA MATVEYEVA/TASS/SIPA

    Le même jour, la police indique avoir tué des « dizaines » de manifestants qui tentaient de s'emparer de bâtiments administratifs et commissariats. Le gouvernement ordonne le plafonnement des prix des carburants pour six mois.

  • Un camion a brûlé pendant les émeutes, à Almaty au Kazakhstan, le 6 janvier 2022.
    Un camion a brûlé pendant les émeutes, à Almaty au Kazakhstan, le 6 janvier 2022. — ORDA.KZ/TASS/SIPA

    Le 6 toujours, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l'ONU et l'UE se relaient pour exprimer leur préoccupation.

  • Des policiers anti-émeute se tiennent prêts à arrêter des manifestants lors d'une manifestation à Almaty, au Kazakhstan, le mercredi 5 janvier 2022.
    Des policiers anti-émeute se tiennent prêts à arrêter des manifestants lors d'une manifestation à Almaty, au Kazakhstan, le mercredi 5 janvier 2022. — VLADIMIR TRETYAKOV/AP/SIPA

    Le 7, le président Tokaïev annonce avoir « donné l'ordre aux forces de l'ordre et à l'armée de tirer pour tuer sans avertissement », qualifiant « d'absurde » les appels à négocier avec les protestataires.

  • Les forces de sécurité à Almaty au Kazakhstan, le 6 janvier 2022.
    Les forces de sécurité à Almaty au Kazakhstan, le 6 janvier 2022. — VALERY SHARIFULIN/TASS/SIPA

    Et il remercie « tout spécialement » son allié Vladimir Poutine pour son aide, après l'arrivée sur place d'un contingent de troupes russes et d'autres pays alliés de Moscou pour soutenir le pouvoir.

  • Dommages causés par les troubles dans une rue de la ville, à Almaty au Kazakhstan, le 6 janvier 2022.
    Dommages causés par les troubles dans une rue de la ville, à Almaty au Kazakhstan, le 6 janvier 2022. — ORDA.KZ/TASS/SIPA

    Au-delà de la hausse des prix, la colère des manifestants est notamment dirigée contre l'ex-président autoritaire Noursoultan Nazarbaïev, resté dans l'ombre du pouvoir et qu'ils accusent de corruption. Il n'a fait aucune apparition publique depuis le début des troubles.

  • Dans cette image tirée d'images fournies par la télévision russe RU-RTR, des véhicules militaires de soldats de la paix russes stationnés en attente d'être chargés à bord d'avions militaires russes sur un aérodrome en Russie, le vendredi 7 janvier 2022.
    Dans cette image tirée d'images fournies par la télévision russe RU-RTR, des véhicules militaires de soldats de la paix russes stationnés en attente d'être chargés à bord d'avions militaires russes sur un aérodrome en Russie, le vendredi 7 janvier 2022. — RU-RTR/AP/SIPA

    L'opposant kazakh Moukhtar Abliazov, réfugié politique en France, a assuré vendredi à l'AFP qu'une « révolution » était en marche dans son pays et a dénoncé l'« occupation » du Kazakhstan par les forces de Moscou.

  • Des militaires montent la garde dans une rue de Nursultan, au Kazakhstan, le 7 janvier 2022.
    Des militaires montent la garde dans une rue de Nursultan, au Kazakhstan, le 7 janvier 2022. — ABZAL KALIYEV/SPUTNIK/SIPA

    Les autorités ont affirmé que 26 « criminels armés » avaient été tués et plus d'un millier de manifestants blessés, les forces de l'ordre faisant état par ailleurs de 18 tués et 748 blessés dans leurs rangs. Plus de 3.800 personnes ont été arrêtées. Ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

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