Lafarge en Syrie : Le cimentier reconnaît avoir aidé Daesh, la justice américaine le fait payer

CONTRITION Le cimentier Lafarge a plaidé coupable aux Etats-Unis sur ses liens en Syrie avec des groupes djihadistes. Avec une énorme sanction financière à la clé

20 Minutes avec AFP
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Le groupe Lafarge doit s'acquitter d'une sanction de 778 millions de dollars aux Etats-Unis pour ses activités en Syrie durant la guerre.
Le groupe Lafarge doit s'acquitter d'une sanction de 778 millions de dollars aux Etats-Unis pour ses activités en Syrie durant la guerre. — AFP

Il regrette « profondément » d’avoir pu aider une organisation terroriste et il paie. Le groupe Lafarge a annoncé ce mardi avoir accepté de payer une sanction financière de 778 millions de dollars aux Etats-Unis et de plaider coupable pour avoir aidé des organisations « terroristes » en Syrie, dont Daesh, entre 2013 et 2014.

Le cimentier français, désormais sous la houlette du groupe suisse Holcim, a « accepté la responsabilité des actions des dirigeants individuels impliqués, dont le comportement était en violation flagrante des codes de conduite », précise l’entreprise dans un communiqué. Ce dernier a eu pour effet immédiat la suspension temporaire de l’action Holcim à la Bourse suisse.

Le groupe souligne par ailleurs continuer à coopérer pleinement avec l’enquête des autorités françaises sur le même sujet mais se dit aussi prêt à « se défendre contre toute action judiciaire qu’il considère injustifiée ».

L’enquête se poursuit en France

Dans l’Hexagone, Lafarge est inculpé pour « complicité de crimes contre l’humanité » concernant ses activités en Syrie. Elle est soupçonnée d’avoir versé en 2013 et 2014, via sa filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), plusieurs millions d’euros à des groupes terroristes, dont Daesh, ainsi qu’à des intermédiaires, afin de maintenir l’activité d’une cimenterie en Syrie à Jalabiya alors que le pays s’enfonçait dans la guerre.



L’enquête des autorités françaises a évalué que ces versements pourraient avoir atteint entre 4,8 et 10 millions d’euros pour le seul groupe Daesh. Lafarge est également soupçonné d’avoir vendu du ciment de l’usine au groupe terroriste et d’avoir payé des intermédiaires pour s’approvisionner en matières premières auprès de factions djihadistes.