Etats-Unis : El Shafee el-Sheikh, un des « Beatles » de Daesh encourt la prison à vie

TERRORISME Les « Beatles » de Daesh étaient une cellule spécialisée dans la capture et la torture d’Occidentaux

20 Minutes avec AFP
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El Shafee el-Sheikh, un des "Beatles" de Daesh.
El Shafee el-Sheikh, un des "Beatles" de Daesh. — Handout / Syrian Democratic Forces / AFP

El Shafee el-Sheikh, membre des cruels « Beatles » du groupe djihadiste Daesh, une cellule spécialisée dans la capture, la torture et l’exécution d’otages occidentaux, doit connaître sa peine ce vendredi devant un tribunal américain. Il encourt la prison à perpétuité pour le meurtre de quatre Américains. El Shafee el-Sheikh, 34 ans, avait été arrêté par les forces kurdes syriennes en 2018. Il a depuis été déclaré coupable en avril par un jury populaire, à l’issue d’un procès éprouvant qui avait exposé le sadisme des « Beatles » au grand jour.

Un jury de 12 personnes avait délibéré moins de six heures sur deux jours avant de le déclarer coupable pour son rôle dans la mort des quatre Américains, les journalistes James Foley et Steven Sotloff, ainsi que les travailleurs humanitaires Peter Kassig et Kayla Mueller. El Shafee el-Sheikh avait été arrêté en même temps qu’un autre membre présumé des « Beatles », Alexanda Kotey, ancien ressortissant britannique âgé de 38 ans. Les deux hommes avaient été remis aux forces américaines en Irak et envoyés aux Etats-Unis en 2020 pour y être jugés.

Actifs de 2012 à 2015

Alexanda Kotey a plaidé coupable en septembre 2021, et a été condamné à la prison à vie en avril dernier par le juge T.S. Ellis, le même qui prononcera la sentence ce vendredi contre El Shafee el-Sheikh. Un autre membre présumé des « Beatles », Aine Davis, 38 ans, a été inculpé et présenté à la justice britannique la semaine dernière à Londres après son expulsion de Turquie. Le plus connu du groupe, le Britannique Mohammed Emwazi, alias « Jihadi John », a été tué par un drone américain en Syrie en 2015. Il apparaissait dans de multiples vidéos montrant des égorgements.

Actifs en Syrie entre 2012 et 2015, les quatre membres de ces « Beatles », tous radicalisés à Londres, sont accusés d’avoir supervisé la détention d’au moins 27 journalistes et travailleurs humanitaires venus des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de France, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, du Danemark, de Suède, de Belgique, du Japon, de Nouvelle-Zélande et de Russie. Le surnom de « Beatles » avait été donné par des otages occidentaux à ce groupe de djihadistes à l’accent britannique. Ce groupe avait gagné une sinistre notoriété en mettant en scène l’exécution de captifs dans d’insoutenables vidéos de propagande.

Au procès d’El Shafee el-Sheikh, dix anciens otages européens et syriens avaient décrit les atrocités subies aux mains des « Beatles », comme des simulations de noyade, des chocs électriques ou des simulacres d’exécution. Cette semaine, la police britannique a révélé que monter le dossier contre les « Beatles » s’était apparenté à construire durant dix ans « un puzzle de toutes petites pièces ». « Nous avons suivi un chemin de petites miettes de pain, des fragments en fait, à partir d’une quantité énorme d’autres enquêtes », a raconté mercredi à des journalistes le chef de la division antiterroriste de la police de Londres, Richard Smith.