En Irak, 2.000 enfants yazidis ont été libérés mais sont toujours hantés par Daesh

TRAUMATISME « Leur santé physique et mentale doit être la priorité pour qu’ils réintègrent vraiment leur famille et leur communauté », souligne Amnesty International

20 Minutes avec agences

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Des Irakiens de la communauté chrétienne Yazidi menacés par le groupe EI sétaientt réfugiés à Sinjar, ici en 2015.
Des Irakiens de la communauté chrétienne Yazidi menacés par le groupe EI sétaientt réfugiés à Sinjar, ici en 2015. — Safin Hamed AFP

L’ONG Amnesty International s’est alarmée ce jeudi du sort de 2.000 enfants yazidis, libérés des griffes du groupe djihadiste Etat islamique (EI) mais désormais seuls face aux démons du traumatisme et des blessures, physiques et psychologiques. Selon un nouveau rapport de l’ONG, 1.992 enfants de cette communauté kurdophone millénaire – persécutée par l’EI qui la voit comme hérétique – sont rentrés dans leur famille après avoir été « enlevés, torturés, forcés à combattre, violés » durant les trois années de règne de l’EI sur le nord irakien (2014-2017).

« Si leur cauchemar a pris fin, ils vivent toujours des temps difficiles : leur santé physique et mentale doit être la priorité pour qu’ils réintègrent vraiment leur famille et leur communauté », souligne Amnesty qui a réalisé des entretiens avec des dizaines d’enfants yazidis. Certains doivent réapprendre à vivre après une amputation, d’autres avec des cauchemars, et surtout, tous doivent renouer avec une communauté que les djihadistes les ont forcés à haïr.

Se réadapter à la vie d’avant

Beaucoup, enlevés jeunes, ne parlent plus le kurde, mais l’arabe appris auprès des djihadistes. Certains ont même été renommés et surtout, ils ont été obligés de porter les armes. Les filles, elles, ont subi viols et grossesses, et en payent aujourd’hui encore les conséquences.

« [D] es femmes ont été réduites en esclavage, torturées et violées. Elles ne devraient plus souffrir », dénonce Matt Wells, d’Amnesty International. Il faut aussi que les enfants puissent retourner à l’école, un lieu de socialisation indispensable à leur rétablissement, assure l’ONG qui souligne que des dizaines de milliers de Yazidis vivent toujours dans des camps de réfugiés. Une gageure dans des familles qui se sont ruinées pour payer des milliers d’euros de rançon et récupérer leur enfant, souligne Amnesty.