État Islamique : La police européenne paralyse la propagande en ligne du groupe terroriste

RADICALISATION L’opération s’est déroulée entre le 21 et 24 novembre et a permis de stopper la diffusion de milliers de contenus

20 Minutes avec Agences

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Capture d'écran d'une vidéo fournie par le groupe EI le 17 mars 2014 montrant des combattants qui brandissent le drapeau de leur groupe
Capture d'écran d'une vidéo fournie par le groupe EI le 17 mars 2014 montrant des combattants qui brandissent le drapeau de leur groupe — - AL-FURQAN MEDIA

Une vaste opération des polices européennes menée ces derniers jours a porté un « coup sévère » à la propagande en ligne du groupe jihadiste Etat islamique (EI), paralysant la diffusion de milliers de contenus, a annoncé ce lundi l’agence européenne de police Europol. L’opération a été menée dans le cadre d’une enquête de la justice belge et coordonnée par Europol avec le support d’Eurojust.

Elle a conduit à l’identification et à la suppression de « 26.000 éléments liés à du contenu soutenant l’EI », a indiqué l’agence européenne lors d’une conférence de presse à son siège, situé à La Haye (Pays-Bas). Parmi ces contenus figuraient notamment « des vidéos de propagande et des comptes de réseaux sociaux glorifiant ou soutenant le terrorisme et l’extrémisme violent », a fait savoir Europol.

Un diffuseur arrêté

« Nous avons fait d’énormes efforts pour supprimer tout ce qui concerne » la propagande en ligne de l’EI, y compris Amaq, l’agence de propagande du groupe, a déclaré Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral belge. « Est-ce un succès à 100 % ? Nous ne le savons pas », a-t-il admis, parlant toutefois d’un « coup sévère » porté au groupe, qui « ne s’y attendait pas ».

Un « effort considérable » de la part de l’EI sera nécessaire s’il tente de revenir au même niveau en ce qui concerne sa présence en ligne, a affirmé Eric Van Der Sypt. L’opération, qui s’est déroulée entre le 21 et le 24 novembre, a également permis l’arrestation par la police espagnole, aux îles Canaries, d’un homme soupçonné de faire partie des « principaux diffuseurs » de la propagande en ligne de l’EI.

Offensive policière « sans précédent »

« Ces activités de propagande peuvent être directement liées à la radicalisation de citoyens européens », a expliqué le porte-parole. Le parquet fédéral belge avait déjà été impliqué dans une cyberattaque sur Amaq en avril 2018, mais l’agence, les sites et comptes annexés avaient été réactivés peu de temps après.

Europol s’était alors félicité d’avoir piloté une offensive policière internationale « sans précédent » visant à paralyser les principaux organes de propagande en ligne de l’EI. L’enquête, toujours en cours en Belgique, qui avait été frappée le 22 mars 2016 par un double attentat kamikaze revendiqué par l’EI (32 morts à Bruxelles), est menée par la police judiciaire fédérale de Flandre orientale, sous l’autorité d’un juge d’instruction spécialisé en cybercriminalité.