Mort d’al-Baghdadi : Comment l’opération s'est-elle déroulée ?

CONFÉRENCE DE PRESSE Le président américain a pris la parole peu après 14h ce dimanche pour annoncer la mort du chef du groupe terroriste islamiste Daesh

R. G.-V. avec AFP

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Donald Trump lors de sa conférence de presse, ce dimanche matin.
Donald Trump lors de sa conférence de presse, ce dimanche matin. — Manuel Balce Ceneta/AP/SIPA

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé ce dimanche, depuis la Maison-Blanche, la mort du chef du groupe Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi lors d’une opération militaire américaine dans le nord-ouest de la Syrie.

Qui était Abou Bakr al-Baghdadi ?

L’homme le plus recherché du monde, tout simplement. Il est considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d’attentats sanglants dans plusieurs pays. Plusieurs fois annoncé mort ces dernières années, le chef de Daesh, « calife » autoproclamé en 2014 ayant un temps présidé aux destinées de 7 millions de personnes en Irak et en Syrie, est mort « comme un chien », a ajouté le président américain.

Comment s’est déroulée l’opération ?

Ce dimanche, en tout début de matinée, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de sources sur le terrain, avait fait état d’une opération de commandos américains héliportés et débarqués dans la nuit dans la région d’Idleb (nord-ouest). Les tirs de huit hélicoptères ont visé après minuit une maison et une voiture aux abords du village de Baricha, à quelques kilomètres de la frontière turque, a déclaré le directeur de l’OSDH, qui fait état d’au moins neuf morts, dont deux femmes et un enfant.

L’opération a duré près de trois heures, jusqu’à 3h30, et s’est terminée par un bombardement aérien, racontent des témoins. Abdelhamid, un habitant de Baricha, s’est rendu dans le secteur touché très tôt dimanche matin : « Il y a une maison écroulée, des tentes et une voiture civile endommagées avec deux morts à l’intérieur », a-t-il raconté. Aux abords de Baricha, on pouvait voir la carcasse d’un minibus carbonisé, touché par les bombardements.

Abou Bakr al-Baghdadi s’est-il donné la mort ou a-t-il été tué ?

Le chef du groupe Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi est mort après s’être fait exploser grâce à une ceinture d’explosifs dans un tunnel, a déclaré le président américain Donald Trump. Le chef du groupe djihadiste s’était réfugié dans ce tunnel creusé pour sa protection. « Son corps a été mutilé par l’explosion », a dit le président américain.

« Le voyou qui a tellement voulu intimider les autres a passé ses derniers moments dans une véritable peur, en totale panique et dans l’effroi, terrifié par les forces américaines qui fondaient sur lui », a-t-il ajouté. « Il est mort après avoir couru dans un tunnel sans issue, gémissant, pleurant et criant », a-t-il encore relaté.

Y a-t-il eu d’autres victimes lors de l’opération ?

Trois de ses enfants sont morts avec Abou Bakr al-Baghdadi. Un « grand nombre » de combattants de Daesh sont morts dans le raid américain dans le nord-ouest de la Syrie, a précisé le président des Etats-Unis. « Aucun personnel (américain) n’a été perdu dans l’opération. Tandis qu’un grand nombre de combattants et de compagnons de Baghdadi ont été tués avec lui », a poursuivi Donald Trump.

De quelles aides ont bénéficié les Américains ?

Le commandement militaire irakien a annoncé ce dimanche avoir fourni la localisation d’Abou Bakr al-Baghdadi en Syrie pour le raid américain qui l’a tué. « Une section spécialisée a travaillé pendant un an » et « grâce à cela, l’opération américaine a été menée », indique un communiqué. Peu avant, en annonçant cette mort, le président américain Donald Trump avait remercié l’Irak, parmi d’autres pays. La Turquie, la Russie font aussi partie des pays remerciés. Le président américain a aussi rendu hommage à l’apport des renseignements de forces kurdes.

Quelle est la situation sur place ?

Un groupe djihadiste contrôlant la région a bloqué ce dimanche l’accès au site visé par l’opération américaine. Des combattants du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), djihadistes rivaux de Daesh, qui dominent cette région de la Syrie, avaient pris position autour d’une maison en ruines au milieu des oliviers de Baricha. Quelques journalistes ont pu brièvement s’approcher des ruines de cette maison totalement détruite. Des pelleteuses étaient à l’œuvre pour déblayer les gravats.

De leur côté, les forces kurdes en Syrie s’attendent à des représailles de Daesh. « Les cellules dormantes vont venger Baghdadi. Donc on s’attend à tout, y compris des attaques contre les prisons » gérées par les forces kurdes où sont détenus des milliers de djihadistes, a indiqué à Mazloum Abdi, commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), partenaires de Washington durant la lutte contre Daesh en Syrie.