Les djihadistes françaises sont des «combattantes» à traiter comme telles pour Le Drian

TERRORISME Le ministre des Affaires étrangères est revenu sur le procès des femmes djihadistes françaises 

J.D. avec AFP

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Jean-Yves Le Drian.
Jean-Yves Le Drian. — SIPA

Les femmes djihadistes françaises parties en Irak et en Syrie sont des « combattantes » qui doivent être « traitées comme telles », estime Jean-Yves Le Drian dans un entretien avec nos confrères d’Ouest-France.

« Je note avec attention la forme de compassion qui existe de la part d’un certain nombre d’avocats de femmes djihadistes, mais ce sont des combattantes, des militantes du djihadisme. Elles doivent donc être traitées comme telles », déclare le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

Pas de distinction homme et femme

La position de la France, « très claire depuis le début », « c’est qu’il n’y a pas de retour », réitère Jean-Yves Le Drian, en ajoutant : « Ceux qui sont Français et qui ont combattu dans les rangs de Daesh ont combattu la France. Ce sont donc des ennemis, et il faut qu’ils soient traités et jugés là où ils ont commis leurs crimes, singulièrement en Irak et en Syrie (…) Ce que je viens de dire vaut pour les hommes et pour les femmes. Pour les femmes comme pour les hommes. Parce que, lorsqu’on va en Irak et en Syrie, en 2014, 2015, 2016, c’est généralement pour combattre », fait valoir le ministre, interrogé sur une éventuelle distinction entre djihadistes hommes et femmes.

« Il y a le problème des enfants. Et des enfants en bas âge dont les mères pourraient éventuellement renoncer à assurer la garde, observe Jean-Yves Le Drian. Cela se voit au cas par cas, en relation avec la Croix-Rouge. Avec beaucoup de vigilance, parce qu’il ne faut pas faire d’angélisme sur ces affaires. Parce qu’il y a aussi une espèce d’utilisation, de manipulations qui peuvent être faites de la compassion humaine », estime-t-il, ajoutant : « Donc, la France respectera le droit, et respectera aussi la sécurité des Français. Le droit et la sécurité des Français, ce sont les principes fondamentaux de notre position sur ce sujet. »

Selon le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Laurent Nuñez, 500 enfants sont « issus de parents français qui évoluent sur zone » en Irak et en Syrie. Sur ces 500, « une petite centaine sont revenus depuis 2015 » et certains sont décédés. Quant aux « 200 à 300 » autres, « on ne sait pas très bien où ils sont », avait déclaré ce jeudi soir le secrétaire d’Etat sur France 2.