Lutte contre la propagande djihadiste: Internet et les réseaux sociaux accusés d'être «passifs»

TERRORISME Les plateformes de Web social ne sont pas assez actives pour lutter contre Daesh, selon un rapport parlementaire français publié ce mercredi…

20 Minutes avec AFP

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Illustration de l'endoctrinement djihadiste de Daesh sur Internet.
Illustration de l'endoctrinement djihadiste de Daesh sur Internet. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Internet et les réseaux sociaux sont à la traîne dans la lutte contre l’endoctrinement djihadiste. C’est ce qui ressort d’un rapport parlementaire français publié ce mercredi, après six mois de travail sur l’organisation Etat islamique et ses moyens. Les grands opérateurs font preuve d’une « attitude passive », est-il écrit.

« Il est apparu très clairement que les plateformes de Web social ne sont pas assez proactives dans la lutte contre la propagande de Daesh (acronyme arabe de l’EI) », relève le rapport, qui, parmi des dizaines d’auditions d’experts, sociologues, responsables policiers, a également entendu des représentants de Facebook, Twitter, Google et Dailymotion.

Impunité sur les réseaux sociaux ?

Ces opérateurs « doivent se doter d’outils et d’équipes performantes pour lutter contre la prolifération des discours extrémistes, et ne sauraient se limiter, comme aujourd’hui, à une attitude passive qui consiste à simplement retirer les contenus signalés par les internautes ou les autorités », selon la mission parlementaire.

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Et encore. Certains contenus sont jugés illicites dans certains pays, pas dans d’autres, et le niveau de blocage varie localement. « Les réseaux sociaux interprètent de manière extensive la liberté d’expression ou le droit à l’information », et « certaines personnes auditionnées ont parlé d’impunité dans les réseaux sociaux, où Daesh recrute et lève des fonds dans l’indifférence des entreprises de ce domaine », indique le rapport.

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Pas assez de moyens

En outre, « les moyens humains consacrés aux repérages de contenus illicites en ligne sont très faibles », ajoute-t-il, mentionnant notamment Twitter, qui dispose d’une centaine de personnes, pour l’ensemble du monde, affectées à la surveillance des contenus. Le rapport cite aussi l’exemple de la vidéo du tueur de Magnanville (qui a assassiné un couple de policiers le 14 juin à leur domicile en région parisienne), postée juste après le meurtre en direct sur Facebook live, et qui n’a été retirée que onze heures plus tard.