Des combattants de Daesh tentent de vendre des esclaves sexuelles sur Facebook

SYRIE Les photos de deux femmes captives de l’organisation terroristes Daesh ont été postées sur Facebook. La légende précisait « à vendre » pour « 8.000 » dollars…

Fabrice Pouliquen

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Le Washington Post a détecté une tentative d'un combattant de Daesh de vendre des jeunes femmes en ligne.
Le Washington Post a détecté une tentative d'un combattant de Daesh de vendre des jeunes femmes en ligne. — - WELAYAT SALAHUDDIN

La femme est jeune, 18 ans peut-être, note le Washington Post. Elle apparaît sur la photo à genoux, tentant de ne pas regarder l’appareil photo. La légende ne mentionne pas qui elle est, ni où a été prise la photo, mais précise juste qu’elle est à vendre.

« A tous les frères qui cherchent à acheter une esclave sexuelle, celle-ci est à 8.000 dollars », explique, sur son compte Facebook, un combattant de Daesh qui se fait appeler Abou Assad Almani. Le même homme postera quelques heures plus tard une photo d’une autre jeune femme, elle aussi à vendre. Au même prix.

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Des posts annonciateurs

Les deux photos ont rapidement été supprimées de Facebook, mais l’Institut de recherche des médias du Proche Orient, un groupe à but non lucratif qui lutte contre les activités des djihadistes sur Internet, a eu le temps de faire des captures d’écran, explique le Washington Post.

Ces clichés inhabituels soulignent l’existence très précaire de femmes réduites à l’esclavage sexuel. Ces derniers mois, plusieurs comptes de combattants de Daesh sur les réseaux sociaux tentaient d’acheter ou de vendre des esclaves sexuelles ou encore diffusaient des règles formelles à appliquer pour bien traiter ces esclaves, explique le quotidien américain.

« Le contenu de Daesh a dépassé tout ce qui est imaginable »

Mais aucun compte affilié à des combattants de Daesh n’avait encore publié des photographies de femmes captives, note le quotidien américain. Pas de quoi pour autant étonner Steven Stalinsky, le directeur de l’Institut de recherche des médias du Proche Orient. « Nous avons été témoins de beaucoup de brutalité, mais le contenu que Daesh a diffusé au cours des deux dernières années a dépassé tout ce qui était imaginable, souligne-t-il dans le Washington Post. Ces ventes de femmes-esclaves ne sont qu’un exemple de tout ceci. »

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Abou Assad Almani, le propriétaire supposé du compte Facebook, est originaire d’Allemagne et a rejoint les rangs de Daesh en Syrie du côté de Raqqa. Jusque-là, il utilisait beaucoup ces divers comptes sur les réseaux sociaux pour susciter des dons pour le groupe terroriste.