Pour la FIDH, les frappes aériennes en Syrie ne sont «pas légales»

TERRORISME Peut-on considérer que Daesh agresse militairement et directement la France, au point d'intervenir en Syrie et en Irak?...

W.M.
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Photo fournie le 8 septembre 2015 par le service de presse de l'armée, d'un Rafale au décollage d'une base dans le Golfe à destination de la Syrie
Photo fournie le 8 septembre 2015 par le service de presse de l'armée, d'un Rafale au décollage d'une base dans le Golfe à destination de la Syrie — - ECPAD

Une action « légitime » qui ne serait pas « légale ». Pour Patrick Baudoin, le président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), les frappes aériennes de la France contre Daesh en Syrie sont « à la limite du détournement de procédure », avance-t-il dans une interview au Monde.

« Le fondement juridique invoqué par les autorités françaises pour intervenir est l’article 51 de la charte des Nations Unies. […] Tout à la fin de ce chapitre, un article constitue une exception à une action concertée à l’échelle internationale, qui permet à un état d’utiliser le droit naturel de légitime défense, lorsqu’il considère être victime d’une agression armée », a-t-il répété ce mardi matin sur France Info.

« Ça peut donner de mauvaises idées à d’autres »

« La vraie question c’est donc “est-ce qu’aujourd’hui c’est une agression armée”, alors qu’on va aller poursuivre principalement des ressortissants français qui s’entraînent en Syrie », a-t-il ajouté.

Et de poursuivre : « Je crains que cela puisse entraîner des dérives en termes de mauvais exemple, qu’à s’affranchir du strict respect du droit international, on ne donne des idées à d’autres. Monsieur Poutine pourra dire “moi j’interviens ici ou là parce que”…»