Daesh: Les cinq rumeurs les plus folles

TERRORISME Poulets kamikazes, vidéos d’exécution bidouillées, trafic d’organes... Les rumeurs d’actes ignobles invérifiables qui lui sont attribués oscillent entre mythe et réalité...

B.D.

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Des combattants de Daesh en Irak, le 24 février 2015 Lancer le diaporama
Des combattants de Daesh en Irak, le 24 février 2015 — Uncredited/AP/SIPA

On connaît les exactions de Daesh, son goût pour les exécutions publiques, voire filmées et largement diffusées sur les réseaux sociaux. Des vidéos de propagande visant à montrer sa puissance et sa détermination impitoyable, qui terrorisent les populations sous son emprise mais aussi les Occidentaux. Les rumeurs d’actes ignobles qui lui sont également attribués sont aussi nombreuses qu’invérifiables, et peuvent servir à manipuler l’opinion. Mythe ou réalité ? Passage en revue.

1/Daesh « recrute » des poulets pour ses opérations suicide

C’est la dernière rumeur en date, partie la semaine dernière de photos diffusées sur Twitter montrant une poule à laquelle ce qui semble être des pains d’explosif ont été attachés.

 

Ce nouveau type d’engins explosifs improvisés (Improvised Explosive Device, IED en anglais) serait utilisé près de la ville de Falloujah, en Irak. Après avoir « préparé » les poulets, les djihadistes les font fuir en direction d’un camp ennemi, où ils les font exploser grâce à une télécommande, explique le Daily Mail. Selon des experts cités par le Daily Star, outre la démonstration que les djihadistes sont prêts à « utiliser tous les moyens à leur disposition pour apporter la mort et la destruction », ces IED montrent à quel point l’organisation « est aux abois en matière d’approvisionnement ».

2/Une explosion de bébé « pour s’entraîner »

Le groupe n’est pas plus miséricordieux quand il s’agit d’enfants. La semaine dernière, le Daily Mail rapportait que des combattants de Daesh avaient attaché un bébé orphelin à un dispositif explosif dans le cadre d’une session d’entraînement sur les IED, près de Shargat dans la province de Salahuddin en Irak. Il s’agissait de montrer à des « stagiaires » comment réaliser un leurre explosif, selon Sadiq al-Husseini, chef du comité de la sécurité dans la province de Diyala, qui précise que le père du nourrisson avait été exécuté par le groupe terroriste pour avoir assassiné des djihadistes.

>> La mise en scène d’enfants-soldats, un « piège médiatique »

3/Les djihadistes adeptes du cannibalisme

Un combattant anti-organisation de l’EI a raconté, au journal britannique The Sun, qu’une mère de famille kurde irakienne qui voulait récupérer son fils, kidnappé par Daesh, s’était rendue au quartier général de l’organisation à Mossoul, où il était détenu. « Ils lui ont amené des tasses de thé et un repas fait de viande cuite, de riz et de soupe. Elle a pensé qu’ils étaient bien aimables », rapporte le Britannique. Mais les islamistes lui ont ensuite expliqué qu’il était mort et qu’ils lui avaient servi en repas.

4/Daesh pratique le trafic d’organes

L’ambassadeur irakien aux Nations unies, Mohamed Alhakim, a affirmé en février que Daesh pratiquait le trafic d’organes, ce qui lui permettrait d’augmenter encore ses sources de revenus. Il a demandé au Conseil de sécurité d’enquêter sur la mort de douze médecins à Mossoul, qui auraient été tués après avoir refusé d’effectuer des prélèvements sur des cadavres. Des rumeurs avaient également circulé à ce sujet en décembre 2014, après un article du site d’actualités sur le Moyen-Orient Al-Monitor, indiquant que des opérations - sur des combattants décédés, mais aussi des civils blessés ou kidnappés - auraient lieu dans les hôpitaux et les organes seraient « rapidement transportés via des réseaux spécialisés dans le trafic d’organes ».

5/Des vidéos bidouillées

La véracité de plusieurs vidéos diffusées par Daesh est mise en doute par différents experts. Selon Veryan Khan, directrice éditoriale du Terrorism Research et Analysis Consortium (Trac), interviewée par Fox News, la vidéo des 21 Coptes égyptiens assassinés en Libye comporte plusieurs anomalies démontrant qu’elle a été réalisée sur un fond vert, pour pouvoir ajouter le décor, peut-être pour dissimuler l’endroit véritable où ont été tournées les images. Selon cette experte, les manipulations seraient communes pour Daesh, qui exécuterait ses otages dans un studio, et incrusterait ensuite l’image de fond en postproduction.