EN IMAGES. Daesh exécute 23 civils dont 9 enfants, menace la cité antique de Palmyre

PATRIMOINE L’armée syrienne a dépêché des renforts et «et l’aviation bombarde les environs»...

Julien Sofianos

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La cité antique de Palmyre Lancer le diaporama
La cité antique de Palmyre — Crédit JOSEPH EID / AFP

Le patrimoine du monde en danger. Les djihadistes du groupe État islamique se rapprochaient vendredi du joyau archéologique de Palmyre dans le désert syrien, suscitant l’inquiétude de l’Unesco, et ont pris le contrôle de la majeure partie de Ramadi, capitale provinciale de l’ouest de l’Irak.

Palmyre, la perle du désert

Les extrémistes sunnites se trouvent désormais à « un kilomètre » de Palmyre, ville antique célèbre pour ses colonnades torsadées et ses tours funéraires, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui rapporte des combats autour de la ville. L'ONG a affirmé vendredi soir que le groupe EI avait exécuté 23 civils, dont neuf enfants, dans un village au nord de Palmyre, précisant que des membres de la famille d'employés du gouvernement figuraient parmi les personnes assassinées. La veille, l'EI avait exécuté 26 civils «pour collaboration avec le régime».

« Nous sommes très inquiets », a affirmé vendredi de Beyrouth Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, qui a inscrit en 1980 le site sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité. Palmyre, baptisée «la perle du désert», a été une ville caravanière --étape sur la route de la soie-- et l’un des plus importants foyers culturels du monde antique. Sa célèbre reine, Zénobie, a tenu tête à l’empire romain. «Nous suivons la situation, parce que c’est un site ancien romain (ayant) beaucoup de valeur», a-t-elle ajouté, en renouvelant son appel à «toutes les parties prenantes à protéger» cette oasis. « Nous ne pouvons pas rester silencieux (…) C’est notre responsabilité d’alerter le Conseil de sécurité pour qu’il prenne des décisions fortes », a ajouté Irina Bokova

Depuis le début du conflit syrien en 2011, le plus beau site antique de Syrie a subi des pillages et quelques dommages en raison des combats entre armée et rebelles. Le site porte des stigmates, notamment la chute de piliers et des chapiteaux corinthiens, des combats qui opposèrent entre février et septembre 2013 les rebelles à l’armée qui prit le dessus.

L’armée syrienne tente de contrer l’offensive de Daesh

L’armée syrienne a dépêché des renforts et « et l’aviation bombarde les environs de Tadmor », nom de la cité en arabe, a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH. Selon l’ONG, les combats ont fait 138 morts parmi les combattants --73 soldats et 65 jihadistes-- depuis que l’EI a pris mercredi une série de postes de l’armée à l’extérieur de la ville. Daesh a aussi procédé à de nombreuses exécutions de civils accusés de collaborer avec le régime syrien.

De son côté, Talal Barazi, le gouverneur de la province de Homs (centre), dont fait partie Palmyre, a affirmé à l’AFP que la situation était « sous contrôle ».

L’EI s’est vanté ces derniers mois d’avoir détruit ou endommagé plusieurs grands sites archéologiques, notamment ceux de Nimroud et Hatra en Irak.