On sait qui est «Jihadi John», le bourreau de Daesh à l'accent anglais

TERRORISME Apparu pour la première fois masqué dans la vidéo de décapitation de James Foley, il semble depuis gravir les échelons de l'organisation de l'Etat islamique...

N.Bg.

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«Djihadi John» dans la vidéo de décapitation de James Foley en août 2014.
«Djihadi John» dans la vidéo de décapitation de James Foley en août 2014. — Image de propagande Daesh

Le monde l’a découvert en août 2014, dans la vidéo montrant l’assassinat du journaliste américain James Foley. Tout de noir vêtu, le visage dissimulé, il se distinguait des autres bourreaux de l’organisation de l'Etat islamique (EI) à cause d’un détail: son accent britannique. Un Occidental tuait d’autres Occidentaux. Surnommé «Jihadi John», il est apparu depuis dans d’autres vidéos de Daesh.

Identifié par le FBI dès le mois de septembre 2014, l’homme restait jusqu’ici dans l’ombre, les services de renseignement américains se refusant à communiquer son identité. C’est désormais chose faite, après la publication d’un portrait du bourreau de Daesh par le Washington Post et la BBC, qui sont parvenus à en savoir plus sur lui grâce à des témoignages d’amis et de personnes étant entrés en contact avec lui.

Elevé au sein de la classe moyenne londonienne

«Jihadi John», de son vrai nom Mohammed Emwazi, est né au Koweït en 1988 et a été élevé à partir de 1993 au sein de la classe moyenne londonienne. Agé de moins de 30 ans, il est diplômé en programmation et est un croyant pratiquant de longue date, ayant par exemple fréquenté la mosquée de Greenwich. Enfant, comme le révèle le site du Sun, il souhaitait «devenir footballeur et marquer des buts». Le premier signe de sa radicalisation remonte à 2009, quand il avait tenté -sans succès- de rejoindre la Somalie à partir de la Tanzanie, où il était officiellement parti pour participer à un safari. La Somalie où sévissent les shebab, alliés d’Al-Qaida, pour lesquels il a une fascination.

Après son échec en Tanzanie -la police l’avait arrêté à son arrivée à Dar es Salam et il avait dû quitter le pays-, Emwazi s’installe au Koweït, où il travaille dans l’informatique. Tenu à l’œil par le MI5 britannique depuis au moins 2011, on ne sait trop quand ni comment il a fini par rejoindre la Syrie, puis l’EI. Là, au moins à partir de 2013, il surveille plusieurs otages du groupe terroriste, dont des Occidentaux qui lui donneront son surnom de «Jihadi John». Grâce au témoignage de ces rescapés, on sait qu’Emwazi et d’autres membres de Daesh venus d’Occident semblent avoir gravi les échelons de l’organisation islamiste.

«L'Anglais qui tuait des gens»

Comme nombre de djihadistes, il a changé de nom pour devenir «Abu Abdullah al-Britani». «Je me souviens l'avoir vu à plusieurs reprises», raconte un ancien membre de l'EI cité par le Guardian. «Pour nous, c'était l'Anglais qui tuait des gens».

Au total, Mohammed Emwazi est apparu dans sept vidéos de propagande de l’EI, comme figurant ou comme bourreau. Son dernier crime enregistré par une caméra: la décapitation, en février, de l’otage japonais Kenji Goto.