VIDEO. Irak: Une milice chrétienne attire des «cowboys» étrangers pour combattre contre Daesh

MONDE Des ex-militaires anglo-saxons veulent créer une «légion étrangère» pour défendre les chrétiens d'Irak...

M.P. avec AFP

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Des ex-soldats occidentaux qui ont rejoint une milice en Irak pour combattre Daesh.
Des ex-soldats occidentaux qui ont rejoint une milice en Irak pour combattre Daesh. — YouTube

Il n’y a pas que des occidentaux qui rejoignent Daesh en Irak ou en Syrie, certains, certes minoritaires, rejoignent des milices chrétiennes pour lutter contre le groupe terroriste en Irak.

Composée d'une centaine d'hommes, la milice Dwekh Nawsha a été formée dans le but de défendre les chrétiens d'Irak des persécutions de l'organisation Etat islamique (EI).

Il veut créer une légion étrangère en Irak

Brett, un ex-militaire américain a rejoint cette troupe. Il incarne un mouvement émergeant d'Occidentaux qui abandonnent tout pour venir défendre les Assyriens, l'une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde. Piercing brillant sous la lèvre et paré de sa tenue de camouflage, le jeune combattant ne passe pas inaperçu dans la ville chrétienne d'Al-Qosh, dans le nord de l'Irak. Après avoir servi l'armée américaine en Irak entre 2006 et 2007, il y est de retour, cette fois comme volontaire pour soutenir une milice chrétienne.

Voir son interview:

A 28 ans, il se décrit lui-même en plaisantant comme un «croisé»: «Le terroriste des uns est le combattant de la liberté des autres. Ici, nous nous battons pour que les gens puissent vivre en paix, sans persécution, pour que les cloches de l'église continuent de sonner», explique-t-il.

Son objectif est la création d'une «légion étrangère» en Irak. Grâce à ses talents de recruteur, il a convaincu cinq autres volontaires d'Amérique du Nord et du Royaume-Uni de le suivre. Ils ont tous, selon lui, une expérience dans l'armée ou avec des sociétés militaires privées. Et il prétend avoir 20 candidats de plus en attente.

Troubles de stress post-traumatiques

La première recrue de Brett est Louis Park, qui a quitté les Marines en décembre. «Je ne me suis pas bien habitué à la vie en temps de paix», explique ce Texan, en chiquant du tabac. «Je voulais revenir».  Après avoir servi en Afghanistan, Louis a été diagnostiqué avec des troubles de stress post-traumatique (PTSD) «et quelques autres trucs» qui l'ont empêché de retourner au combat avec l'armée américaine.

Dès octobre, il a commencé à mettre de l'argent de côté pour pouvoir partir en Irak se battre contre Daesh. Selon Louis, c'est surtout un moyen de défendre son propre pays, les Etats-Unis, même si la milice Dwekh Nawsha n'est pas souvent envoyée au front.

Andrew, un quinquagénaire canadien grognon, a rejoint Dwekh Nawsha parce qu'il a entendu parler d' «abattoirs» où Daesh découperait des gens pour alimenter un trafic d'organes, des rumeurs jamais prouvées mais largement diffusées par des organisations évangéliques et anti-musulmanes, en particulier en Amérique du Nord.

Déçus des «gauchistes» kurdes

Quant à Brett, c'est un verset de la Bible qui l'a poussé à revenir en Irak. Selon lui, la résurgence de la nation Assyrienne est le signe que l'Apocalypse est en marche.

La milice attire aussi les déçus d'autres groupes armés, comme ceux qui s'étaient initialement enrôlés auprès des combattants kurdes. Scott, un vétéran qui a servi dans l'armée américaine pendant sept ans, explique qu'il souhaitait rejoindre les Unités de protection du peuple (YPG), jusqu'à ce qu'il découvre qu'ils étaient «un tas de foutus gauchistes».

D'autres étrangers de Dwekh Nawsha affirment qu'ils ont été rebutés par ce qu'ils considèrent comme la fibre socialiste des kurdes des YPG, dont la résistance dans la ville syrienne Kobané face aux jihadistes de l'EI a séduit de nombreux volontaires.