Daesh a exécuté Kenji Goto, le second otage japonais

TERRORISME Le groupe terroriste aurait tué Kenji Goto...

M.C.

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L'otage japonais Kenji Goto
L'otage japonais Kenji Goto — Eugene Hoshiko/AP/SIPA

Le gouvernement japonais a jugé dimanche «hautement probable» l'authenticité d'une vidéo attribuée au groupe Etat islamique (EI) annonçant l'exécution d'un deuxième otage japonais, Kenji Goto, un acte condamné «avec la plus grande fermeté» par Tokyo. Après avoir multiplié les menaces ces derniers jours, Daesh a diffusé cette vidéo sur Twitter par l'organe médiatique de groupes djihadistes Al-Furqan.

Le même bourreau à l'accent britannique

On y voit  l'otage en tenue orange à genoux et debout côté de lui un homme masqué tout vêtu de noir, avec un couteau à la main. Ce dernier rend le gouvernement japonais responsable de sa mort. Selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE, le bourreau à l'accent britannique est le même qui était présent sur les précédentes vidéos de décapitation d'otages occidentaux par Daesh.

Le bourreau affirme que l'exécution du journaliste Kenji Goto, enlevé fin octobre en Syrie, est en représailles à la «participation irresponsable» du Japon à la guerre de la coalition internationale contre les djihadistes.

Condamnations unanimes

Dimanche matin, le Premier ministre japonais Shinzo Abe, visiblement très ému, a dénoncé «un acte de terrorisme ignoble, horrible contre lequel je suis très en colère», ajoutant que le Japon ne renoncerait pas à combattre «un terrorisme inadmissible». François Hollande a également condamné «avec la plus grande fermeté le meurtre brutal» de Kenji Goto. «La France est solidaire du Japon dans cette nouvelle épreuve» a ajouté le chef de l'Etat français, précisant que «nos deux pays amis continueront de travailler ensemble pour la paix au Moyen-Orient et pour éliminer les groupes terroristes».

David Cameron, le Premier ministre britannique, a lui qualifié l'acte terroriste de «méprisable» et «effroyable» et Barack Obama condamné le «meurtre odieux» de l'otage.

Incertitude sur le sort du pilote jordanien

Le groupe terroriste souhaitait l'échanger contre une femme prisonnière en Jordanie. Sajida al-Rishawi a été condamnée à mort pour avoir participé à une série d’attentats à Amman, qui avaient causé la mort de plus de 50 personnes en 2005.

Un pilote de chasse jordanien est lui aussi aux mains de Daesh après le crash de son avion de chasse en zone ennemie. Il est régulièrement menacé de mort par ses geôliers. La Jordanie était prête à libérer Sajiada al-Rishawi contre la vie de son pilote mais les preuves de vie, nécessaires à l'échange et réclamées par Amman n'arrivent pas. L'organisation terroriste avait déjà revendiqué l’exécution d’un autre Japonais consultant en questions de sécurité, Haruna Yukawa.