Crash d'Air Algérie: Que sont devenus les restes des victimes?

MALI Les proches des victimes parlent d'un manque de respect hallucinant...

C. A. avec AFP

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Les familles des victimes du vol d'Air Algérie se recueillent sur le lieu du drame le mardi 21 avril 2015.
Les familles des victimes du vol d'Air Algérie se recueillent sur le lieu du drame le mardi 21 avril 2015. — OLLO HIEN / AFP

Le sort réservé au corps de leur proche reste un mystère. Les familles des victimes du crash du vol AH5017 d’Air Algérie en juillet 2014, ont appris que les restes de leurs proches ont été « subitement inhumés au cimetière de Bamako », sans qu’ils en aient été informés.

Ce mercredi, les familles des 116 personnes tuées lors du crash, dont 54 Français, veulent que toute la lumière soit faite, alors que les informations qu’ils ont reçues sont pour le moins « contradictoires ».

Une stèle érigée à Ouagadougou

Dans un premier temps, les familles avaient récupéré les restes identifiés de leurs proches, tués dans le crash de l’avion dans le nord du Mali le 24 juillet 2014. Mais toutes souhaitaient que les restes non identifiés puissent être rapatriés et enterrés à Ouagadougou, d’où l’avion était parti pour rejoindre Alger, et où une stèle doit être érigée en hommage aux 116 victimes.

« Les associations de familles de victimes burkinabè, françaises et libanaises avaient unanimement exprimé leur désir de les voir inhumées à Ouagadougou et s’en étaient ouvertes auprès des autorités impliquées, dont le ministre des Transports malien », a fait savoir l’association française AH5017 dans un communiqué.

Les corps finalement inhumés à Bamako

Pourtant, en mai 2015, les familles « ont appris contre toute attente, que les restes mortels non identifiés de leurs proches, après avoir été conservés à Gao, ont été subitement inhumés au cimetière de Bamako, sur décision de la justice malienne, ceci sans aucune information aux familles et sans explication ».

« On ne comprend pas ce qu’il s’est passé », « on voudrait savoir, qu’on nous dise », martèle Suzanne Aillot, vice-présidente de l’association française AH5017.

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Des informations « contradictoires »

« Dans une lettre du ministère des affaires étrangères, on apprend que les dépouilles ont été inhumées », mais en cherchant à en savoir plus, l’association obtient des informations « contradictoires ». « On sait qu’il y a une stèle à Bamako, on ne sait pas ce qu’il y a dessous. On nous a parlé de quatre grandes malles, de dix cercueils… », explique-t-elle.

Elle veut savoir « ce qu’ils ont fait exactement et quels sont les recours », pour obtenir un transfert des restes vers la capitale burkinabè.

Bamako dit avoir suivi les dispositions règlementaires

« Personne n’ira jamais à Bamako, les gens partaient de Ouagadougou, c’était des gens qui fréquentaient le Burkina Faso, pas le Mali », fait valoir Suzanne Aillot, qui dénonce un « manque de respect envers les familles hallucinant. Pour nous ce sont nos proches qui sont là-bas ».

Bamako s’est défendu, expliquant avoir suivi le règlement, rapporte France Info. « Nous avons suivi les dispositions réglementaires » de l’organisation civile internationale, explique une source haut placée du ministère malien des Transports. « Les victimes venaient d’une quinzaine de pays », rappelle cette même source. « Il était difficile de faire autrement. » Les autorités maliennes déplorent cette situation et comprennent la douleur des familles, mais assure que « tout a été fait de la façon la plus respectueuse et la plus propre ».