Crash en Egypte: Londres alerte sur le manque de sécurité des aéroports

SINAI La priorité est de renforcer les contrôles dans les zones où Daesh est « actif », selon Londres…

D.B. avec AFP

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L'aéroport de Charm-el-Cheikh, en Egypte, le 7 novembre 2015.
L'aéroport de Charm-el-Cheikh, en Egypte, le 7 novembre 2015. — Mohamed El-Dakhakhny/SIPA

Les inquiétudes montent, huit jours après le crash d’un avion russe en Egypte probablement provoqué par un attentat, selon Londres, Washington et des experts quasi unanimes. Des appels se font de plus en plus pressants pour renforcer la sécurité dans les aéroports, qui doit être « maximale » et « revue » en fonction des risques « locaux », a déclaré dimanche le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond.

Il s’agit en priorité, selon lui, des aéroports des zones où est « actif » le groupe Etat islamique (EI), qui a affirmé avoir « fait tomber » l’appareil russe avec 224 personnes à bord.

La Grande-Bretagne est particulièrement concernée par l’impact du crash, car la décision de Londres de suspendre les vols réguliers laisse quelque 20.000 touristes britanniques à Charm el-Cheikh. Philip Hammond a précisé que « 3.300 » d’entre eux étaient désormais rentrés au Royaume-Uni et qu’au total « 5.000 » le seraient dimanche soir.

La piste de la bombe à bord persiste

Le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont été les premiers pays à privilégier la piste d’une bombe à bord de l’avion de la compagnie Metrojet. Après avoir douté, la Russie semble désormais l’accréditer, sans le dire officiellement, en ayant suspendu tous ses vols civils vers l’Egypte.

Une source très proche de l’enquête avait indiqué vendredi à l’AFP que les experts de la commission d’enquête (Egypte, Russie, France, Allemagne, Irlande), à l’exception des Egyptiens, « privilégient très fortement » la piste de la bombe.

Le chef égyptien de la commission d’enquête a bien reconnu samedi que les enregistrements des données de vol et des voix dans le cockpit par les deux « boîtes noires » ont mis en évidence une rupture totale et brutale de tout enregistrement après 23 minutes et 14 secondes de vol à l’altitude de croisière, la dernière seconde étant marquée par un « bruit ». Mais il faudra en déterminer la « nature » par une « analyse spectrale » et récupérer et stocker au Caire, pour les étudier, « chaque débris » de l’appareil, pour établir des conclusions définitives.

Des conversations entre djihadistes avant le vol

Plus directe, une source de l’AFP estime qu’il n’y a qu’une possibilité « infiniment petite » qu’une « dépressurisation explosive » aussi soudaine en pleine altitude de croisière, qui génère une « rupture instantanée » des données des boîtes noires et ne laisse pas le temps à une alarme de se déclencher ou aux pilotes de lancer un SOS, puisse résulter d’un incident technique.

Selon une de ces sources, des experts égyptiens mais surtout russes étaient à pied d’œuvre dès samedi pour rechercher des traces d’explosifs sur les débris de l’appareil éparpillés sur « plus d’une centaine de kilomètres carrés ».

Par ailleurs, selon les médias américains et britanniques, Washington et Londres ont rapidement été convaincus de l’origine criminelle du crash, après avoir intercepté grâce à leurs satellites des conversations entre djihadistes le démontrant, dont certaines avant le vol fatidique.