VIDEO. Crash en Égypte: Les éléments qui rendent la thèse de l’attentat crédible

ENQUETE Alors que les enquêteurs analysent toujours les boîtes noires de l’appareil pour tenter de déterminer si l’appareil russe a été victime d’une avarie technique ou d’une action malveillante extérieure...

Bérénice Dubuc

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Un débris de l'Airbus A321 de la compagnie russe Metrojet qui s'est écrasé le 31 octobre 2015 dans le Sinaï égyptien avec 224 personnes à son bord.
Un débris de l'Airbus A321 de la compagnie russe Metrojet qui s'est écrasé le 31 octobre 2015 dans le Sinaï égyptien avec 224 personnes à son bord. — AFP

Accident ou attentat ? L’enquête sur le crash de l’Airbus A 321 de la compagnie russe Metrojet, qui a coûté la vie à 224 personnes samedi, se poursuit, les experts cherchant toujours à éclaircir les raisons du drame. Parmi les scénarios envisagés, plusieurs éléments viennent accréditer la piste de l’attentat. Passage en revue.

La compagnie Metrojet parle d’une « action extérieure »

Dès lundi, la compagnie à laquelle appartenait l’avion a jugé que seul un facteur « extérieur », dont elle n’a pas précisé la nature, pouvait expliquer le crash. Elle a ainsi rejeté la possibilité d'« une défaillance technique » ou d'« une erreur de pilotage » et a déclaré que l’avion était en « excellent état ».

La dislocation en vol

Dès les premiers moments de l’enquête, les autorités russes ont affirmé que l’avion s’était disloqué dans les airs, à haute altitude, pour une raison inconnue. Ces premiers éléments suggèrent « la possibilité d’une catastrophe à bord, d’une possible explosion à l’intérieur, pas d’un problème mécanique », selon l’expert britannique Michael Clarke, cité par la BBC.

Des bruits anormaux dans le cockpit

Mardi, l’agence de presse russe Interfax a révélé une transcription des enregistrements à l’intérieur du cockpit indiquant que quatre minutes avant la disparition de l’avion des écrans radars, alors que la conversation entre l’équipage et les contrôleurs aériens est habituelle, « des sons ne correspondant pas à un vol normal sont entendus juste avant que l’avion disparaisse ». L’agence ne donne pas plus de précision, mais « à en juger par l’enregistrement, la situation à bord est devenue soudainement inattendue pour l’équipage, et les pilotes ne sont pas parvenus à envoyer un signal de détresse », estime la source interrogée.

Un flash lumineux enregistré par des satellites américains

Les chaînes de télévision américaines CNN et CBS ont fait état mardi d’un « flash de chaleur » au moment du crash. Un responsable américain a témoigné de marnière anonyme sur CNN, affirmant qu’un satellite militaire américain avait détecté un « flash de chaleur » provenant de l’Airbus au moment du drame. Cela « suggère qu’un événement catastrophique - y compris peut-être une bombe - s’est produit en vol », selon cette source. CBS précise que les images sont en cours d’analyse pour déterminer les causes de ce flash.

Les revendications

Quelques heures après le crash, Wilaya Sinaï, la branche de l’organisation Etat islamique dans la région a annoncé avoir « fait tomber » l’avion de Metrojet, indiquant sur Twitter qu’il s’agit d’une vengeance contre les bombardements russes en Syrie. Plusieurs experts ont alors souligné que l’organisation n’avait jamais revendiqué un acte qu’elle n’a pas commis. De plus, ce mercredi une seconde revendication a été diffusée par le groupe.

Dans ce message audio, le groupe défie les experts de trouver les causes de la chute de l’avion russe tout en réaffirmant sa responsabilité, souligne sur Twitter le spécialiste Wassim Nasr. Il ajoute que le groupe précise qu’il « dévoilera le mode opératoire quand il le voudra et de la manière dont il le voudra ».

Si les experts excluent que l’avion ait pu être atteint à près de 10 000 mètres d’altitude par un MANPAD (missile tiré de l’épaule), comme ceux dont dispose l’EI dans le Sinaï, un engin explosif - même de petite taille - a pu ouvrir une brèche dans la carlingue et disloquer l’appareil en raison de la pressurisation à haute altitude.