MH370: Que sait-on du laboratoire chargé d'analyser le débris d'avion?

ENQUETE Un laboratoire toulousain dépendant du ministère de la Défense va analyser le débris d'avion retrouvé à La Réunion...

A.B.

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Le débris d'avion retrouvé relance l'enquête sur le vol MH370
Le débris d'avion retrouvé relance l'enquête sur le vol MH370 — Laura Damase, FRANCIS CURTA AFPTV

Le fragment d’aile arrivé samedi en provenance de la Réunion a été confié à un laboratoire de Toulouse pour analyses. Cette structure est chargée de déterminer si le débris retrouvé il y a cinq jours provient du Boeing 777 de la Malaysia Airlines MH370, disparu en mars 2014. Qui est ce laboratoire ? Pourquoi est-ce lui qui est chargé de mener les analyses ? 20 Minutes fait le point.

Qu’est-ce que la DGA TA, le laboratoire chargé d’analyser le débris ?

La Délégation générale de l’armement Techniques aéronautiques (DGA TA) est une structure dépendant du ministère de la Défense, experte en investigations techniques après des accidents d’avions. Elle a notamment analysé 650 débris du vol d’Air France AF447 Rio-Paris qui s’est abîmé dans l’Atlantique le 1er juin 2009, faisant 228 morts. Principal centre européen d’essais au sol d’aéronefs civils et militaires, il s’appelait alors Centre d’essais aéronautiques de Toulouse (CEAT). Créé en 1949, il a été rebaptisé début 2010.

Selon son site internet officiel, le centre procède notamment aux « investigations après accidents ou incidents sur matériaux, cellules et systèmes ». Il est également spécialisé dans « les analyses du comportement mécanique des structures en statique, fatigue et dynamique ». Parmi ses autres missions figurent le suivi des flottes en service, l’analyse et évaluation du comportement des systèmes, des sous-systèmes et des armes et munitions face aux agressions électromagnétiques ou encore l’analyse de la sûreté de fonctionnement des systèmes et logiciels embarqués.

Pourquoi ce laboratoire est-il compétent pour analyser le débris de l’avion ?

Le Bureau enquête et analyses, qui enquête sur les accidents aériens, a confié à la DGA TA le soin de mener les analyses. « Nous sommes compétents. Nous avons un département analyses d’accident », a expliqué son sous-directeur technique Jean-Christophe Plotka. Environ 600 personnes travaillent au sein de cette structure située à Balma, dans la banlieue proche de Toulouse.

Le BEA a été saisi pour coordonner les enquêtes française et internationale sur la disparition, toujours inexpliquée à ce jour, du vol MH370 à bord duquel se trouvaient 239 personnes, dont quatre Français.

Est-on sûr que le débris retrouvé provient du vol MH370 ?

Pour l’heure, tout ce que l’on sait, c’est que le débris retrouvé mercredi sur la côte réunionnaise, une pièce amovible de l’aile d’un avion, est marqué de l’inscription « 657BB », qui correspond à un flaperon de Boeing 777. Si l’on ne peut affirmer dès à présent et avec certitude qu’il s’agit bien de l’avion de la Malaysia Airlines, comme aucun autre crash impliquant ce type d’appareil n’a été recensé dans cette région du monde, tout porte à croire qu’il pourrait bien s’agir d’un morceau du Boeing 777 qui a disparu le 8 mars 2014 avec 239 passagers à son bord.

Numéros d’identification, nature des matériaux, couleur de la peinture : la DGA TA débutera les analyses sur le flaperon dès mercredi après-midi. Toutefois, si ces analyses physiques et chimiques pourraient permettre l’identification de l’appareil, de nombreux experts estiment qu’il est peu probable qu’elles lèvent le voile sur les circonstances de la catastrophe ou la localisation exacte de l’épave.