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LIBRE ECHANGESommet du Mercosur avec en toile de fond l’accord en suspens avec l’UE

Amérique du Sud : Sommet du Mercosur avec au menu l’accord avec l’UE suspendu aux réticences françaises

LIBRE ECHANGEEmmanuel Macron a redit samedi qu’il était « contre » cet accord signé en 2019 mais toujours pas finalisé
Le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva rencontrant Emmanuel Macron à la COP28, à Dubaï le 2 décembre 2023.
Le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva rencontrant Emmanuel Macron à la COP28, à Dubaï le 2 décembre 2023. - Ludovic MARIN / AFP
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Stop ou encore pour l’accord de libre-échange entre Bruxelles et une partie de l’Amérique du Sud ? La clef de la réponse pourrait cette semaine venir de Rio de Janeiro. La ville accueille en effet ce mercredi pour deux jours un sommet du Mercosur, qui se clôturera avec la réunion des chefs d’Etat. Il aura pour toile de fond l’accord avec l’Union européenne, dont la conclusion semble à nouveau s’éloigner.

Le Brésil, qui assure actuellement la présidence tournante du bloc comptant également l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay, avait bon espoir d’annoncer la finalisation de cet accord lors du sommet. Mais des déclarations récentes d’Emmanuel Macron ont fait l’effet d’une douche froide, tout comme le pessimisme de son homologue argentin Alberto Fernandez.

Vingt ans de négociations

Signé en 2019, après vingt ans de négociations, le traité prévoit la création de la plus grande zone de libre-échange de la planète. Mais il n’a toujours pas été finalisé, notamment en raison de réticences apparues côté UE quant aux politiques environnementales du Brésil durant le mandat de l’ex-président Jair Bolsonaro.

La donne a toutefois changé avec le retour au pouvoir en janvier du leader de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, qui s’affiche en champion de la protection de l’Amazonie. Le dialogue entre Mercosur et Union européenne s’est même intensifié ces dernières semaines, avec des « avancées significatives », ont déclaré vendredi Lula et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après une rencontre en marge de la COP28 à Dubaï.

Mais cet optimisme a pris un coup dès le lendemain, quand Emmanuel Macron a réitéré qu’il était « contre l’accord », peu après son tête-à-tête avec Lula à Dubaï. Alors que l’accord suscite en France les craintes du secteur agricole, le président français l’a jugé « mal rapiécé », estimant qu’il « ne prend pas en compte la biodiversité et le climat ». Fustigeant le « protectionnisme » de la France, Lula a dû admettre pour la première fois que les négociations pourraient ne pas aboutir d’ici la fin du sommet à Rio.

L’ultimatum du Paraguay

Le vice-président de la Commission européenne et commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis, a lui assuré sur X que les deux parties se sont mises d’accord pour « faire aboutir l’accord le plus tôt possible ». Le président brésilien n’a pas non plus l’intention de jeter l’éponge. « Tant que j’aurai des raisons de croire qu’il est possible de finaliser cet accord, je vais me battre », a-t-il déclaré lundi aux côtés du chancelier allemand Olaf Scholz. Ce dernier a pour sa part appelé toutes les parties à faire des « compromis » et à agir avec « pragmatisme ».

Le nouveau président du Paraguay, Santiago Peña, a, lui, lancé une sorte d’ultimatum : si l’accord avec l’UE n’est pas finalisé d’ici la fin de l’année, il se tournera vers d’autres blocs régionaux quand son pays assurera la présidence tournante du Mercosur, à partir de janvier.

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