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droits des femmesImpossible « d’être une fille » sous les talibans afghans

En Afghanistan, « les talibans ont rendu illégal le fait d’être une fille », dénonce Malala Yousafzai

droits des femmesDepuis son retour au pouvoir en août 2021, le gouvernement taliban n’a eu de cesse de réduire les droits des Afghanes
Malala Yousafzai lors du dîner de la Fondation Kering « Caring for Women » à New York, NY le 12 septembre 2023.
Malala Yousafzai lors du dîner de la Fondation Kering « Caring for Women » à New York, NY le 12 septembre 2023. - Anthony Behar/Sipa USA/SIPA / SIPA
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

«Impossible » d’être une fille en Afghanistan. C’est le constat établi mardi par la prix Nobel de la paix, la Pakistanaise Malala Yousafzai, lors d’une allocution en Afrique du Sud. « Les talibans ont rendu illégal le fait d’être une fille et cela a un coût », a-t-elle déclaré lors d’une conférence organisée à Johannesburg par la fondation Mandela, soulignant que les filles afghanes « se tournent vers la drogue » et « tentent de se suicider » à cause de l'« oppression ».

Depuis son retour au pouvoir en août 2021, le gouvernement taliban, à l’interprétation austère de l’islam, n’a eu de cesse de réduire les droits des Afghanes. En deux ans, les écoles secondaires puis les universités ont fermé leurs portes aux femmes, tout comme les parcs, salles de sport et hammams.

Un régime « d’apartheid »

Malala Yousafzai avait reçu le Nobel en 2014 pour son combat pour le droit des filles à l’éducation. « Il est impératif d’appeler le régime afghan pour ce qu’il est : c’est un régime d’apartheid fondé sur le genre », a-t-elle martelé mardi à Johannesburg. « Les Sud-Africains se sont battus pour que l’apartheid fondé sur la race soit appelé comme tel et criminalisé au niveau international. Ils ont ainsi attiré l’attention du monde sur les horreurs de l’apartheid », a déclaré Malala Yousafzai. « L’apartheid basé sur le genre n’a pas encore été explicitement codifié. Nous avons l’occasion de le faire. Dès maintenant », a-t-elle engagé.

Le mois dernier, des personnalités dont la prix Nobel, Hillary Clinton et d’éminentes militantes féministes, ont appelé dans une lettre les Nations unies à criminaliser la ségrégation fondée sur le genre et réviser le texte d’un traité en discussion sur les crimes contre l’humanité. Cet appel est intervenu alors que la communauté internationale semble impuissante à dissuader les autorités talibanes de durcir leurs restrictions imposées aux femmes, qui ne cessent de s’allonger.

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