Afghanistan : Des femmes hazara crient leur colère après l’attentat dans un centre de formation à Kaboul

Terrorisme L'attentat a eu lieu dans une quartier où vit la minorité où vit la minorité hazara, considérée comme des païens par les talibans et comme des hérétiques par l'EI

20 Minutes avec AFP
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«Stop au génocide des Hazaras», ont scandé les jeunes femmes
«Stop au génocide des Hazaras», ont scandé les jeunes femmes — /AP/SIPA

Bravant l’interdiction de rassemblement imposée par les talibans, une cinquantaine de jeunes femmes, vêtues d’un foulard noir, ont défilé sur la route principale qui traverse le quartier de Dasht-e-Barchi, dans l’ouest de Kaboul, en criant le poing levé « Stop au génocide des Hazaras ». Vendredi, un attentat suicide dans un centre de formation, où des étudiants se préparaient à passer un examen d’entrée à l’université, a fait au moins 35 morts et 82 blessés, selon la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua).

Selon un étudiant sur place au moment de l’explosion, interrogé vendredi par l’AFP, « la plupart des victimes sont des filles ». « Peu de garçons ont été touchés car ils se trouvaient à l’arrière de la classe et le kamikaze est entré par la porte avant, où les filles étaient assises », avait également expliqué un autre étudiant, Ali Irfani.

De multiples attaques contre les Hazaras

Munies de pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire « Ce n’est pas un crime d’être chiite », les jeunes filles se sont dirigées vers l’hôpital où ont été transportées plusieurs victimes. Les très nombreux talibans lourdement armés déployés sur place ont tiré en l’air à plusieurs reprises pour tenter de les disperser, ont entendu des journalistes de l’AFP.

Le quartier, Dasht-e-Barchi, une zone à prédominance musulmane chiite où vit la minorité hazara, a été lourdement frappé ces dernières années et depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021. Plusieurs attaques ont été revendiquées par l’EI-K, la branche régionale de l’EI, qui considère les hazaras comme hérétiques. L’attentat de vendredi n’a pas été revendiqué. Les talibans considèrent également la communauté hazara comme des païens, et les groupes de défense des droits de l’Homme les ont souvent accusé de les prendre pour cible.

Des attaques de l’EI

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans se sont engagés à protéger les minorités et à lutter contre les menaces à la sécurité. Toutefois, l’ONG Amnesty International a déclaré que l’attaque de vendredi était « un rappel honteux de l’inaptitude et de l’échec total des talibans" à protéger le peuple afghan ».

En mai dernier, au moins 85 personnes, principalement des filles, ont été tuées et environ 300 ont été blessées lorsque trois bombes ont explosé près d’une école du même quartier, Dasht-e-Barchi. Aucun groupe n’a revendiqué cet attentat, mais un an plus tôt, l’EI avait revendiqué un attentat-suicide contre un centre éducatif de la même zone, qui avait fait 24 morts. L’EI est devenu un problème de sécurité majeur pour les talibans, qui affirment pourtant avoir vaincu les djihadistes.