Afghanistan : Daesh revendique l'attentat qui fait au moins 41 morts dans une mosquée à Kandahar

ATTENTAT C'est le second attentat en une semaine dans une mosquée afghane revendiqué par Daesh

20 Minutes avec AFP
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Des soldats talibans. (illustration)
Des soldats talibans. (illustration) — HOSHANG HASHIMI / AFP

Au moins 41 personnes ont été tuées dans un attentat-suicide survenu ce vendredi dans une mosquée chiite de la ville de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan. Une attaque revendiquée vendredi soir par Daesh, la seconde en une semaine.

Selon des témoins, plusieurs explosions ont frappé la mosquée Fatemieh, dans le centre de Kandahar, la deuxième plus grande ville du pays, au moment de la prière hebdomadaire du vendredi. Dans un communiqué publié sur les chaînes Telegram de l’organisation djihadiste, l’organisation affirme que deux kamikazes ont mené des attaques distinctes à l’intérieur de la mosquée chiite de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan, lors de la prière du vendredi.
« Le premier kamikaze a fait exploser sa veste explosive (…) dans un couloir de la mosquée, tandis que le second kamikaze a fait exploser sa veste explosive au centre de la mosquée », précise le communiqué. Il s’agit du premier attentat de l’EI-K à Kandahar, berceau des talibans.

Seconde attaque en une semaine

Ces explosions surviennent exactement une semaine après un attentat-suicide contre une mosquée chiite de Kunduz (nord-est), revendiqué par Daesh et qui a fait plusieurs dizaines de victimes. « Nous sommes attristés d’apprendre qu’une explosion a eu lieu dans une mosquée de la confrérie chiite (…) de la ville de Kandahar, dans laquelle un certain nombre de nos compatriotes ont été tués et blessés », a tweeté le porte-parole taliban du ministère de l’Intérieur, Qari Sayed Khosti. « Des forces spéciales de l’Émirat islamique sont arrivées dans la zone pour déterminer la nature de l’incident et traduire les auteurs en justice », a-t-il ajouté.

Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays après vingt ans de guerre leur priorité, sont confrontés à une vague d’attentats sanglants, menés par Daesh. Sa branche locale, l’État islamique-Khorasan (EI-K), a ciblé ces dernières semaines les talibans et la minorité chiite afghane. Vendredi dernier, à Kunduz, à la même heure, un kamikaze a déclenché un gilet explosif dans la foule lors de la grande prière du vendredi à la mosquée chiite de Gozar-e-Sayed, tuant au moins une quarantaine de fidèles.

L’attentat de Kunduz est l’attaque la plus meurtrière depuis le départ des troupes américaines du pays le 30 août. L’EI-K, groupe sunnite rival des talibans et qui se présente comme le seul garant d’une vision aboutie de l’islam, a ciblé à de très nombreuses reprises ces dernières années la minorité chiite, considérée comme « hérétique ». Les talibans eux-mêmes s’en sont souvent pris dans le passé aux chiites afghans, membres de la communauté hazara, qui représente entre 10 et 20 % de la population afghane (environ 40 millions d’habitants). Mais depuis leur arrivée au pouvoir, ils se sont déterminés à en garantir la sécurité.