Afghanistan : Les talibans organisent un rassemblement de la victoire à Kaboul

INSTALLATION Les talibans cherchent à asseoir leur pouvoir civil dans le pays

20 Minutes avec AFP
— 
Lors de la célébration organisée par les Talibans près de Kaboul.
Lors de la célébration organisée par les Talibans près de Kaboul. — HOSHANG HASHIMI / AFP

Près de 1.000 personnes ont participé ce dimanche dans les faubourgs de Kaboul à un premier rassemblement de la victoire organisé dans la capitale par les talibans, soucieux d’asseoir leur autorité militaire mais aussi désormais civile, sept semaines après avoir pris les rênes du pays. Le rassemblement s’est tenu dans la commune de Kohdaman, à la lisière de la capitale afghane dont les talibans avaient été maintenus à distance pendant les deux décennies d’intervention militaire américaine.

Sous des bâches d’ombrage dressées au milieu d’un terrain vide, environ 1.000 personnes, uniquement des hommes ou des garçons, ont pris place, sur des rangées de chaises ou à même le sol. A l’extérieur, des dizaines de gardes lourdement armés encadraient le rassemblement, tandis qu’arrivaient en pick-up les combattants talibans. « L’Amérique vaincue. Impossible. Impossible. Mais possible ! », claironnait l’un des chants diffusés pour les accueillir dans une rare manifestation de musique, théoriquement prohibée par le mouvement islamiste.

Des participants majoritairement désarmés

Le rassemblement a ensuite débuté solennellement par une procession d’hommes en tenue de combat, tous armés, arborant le drapeau taliban blanc avec la profession de foi musulmane inscrite en noir, et pour certains, lance-roquette à l’épaule. Les participants au rassemblement, des civils vêtus de l’habit traditionnel taliban ou a minima de la coiffe, étaient majoritairement désarmés. Ils ont entamé à l’arrivée des organisateurs, un traditionnel « takbir », la formule religieuse « Allah Akbar » (Dieu est le plus grand) reprise plusieurs fois. Certains ont également lancé des slogans pro-talibans.

Sept semaines après la prise de pouvoir éclair des combattants islamistes, « l’Emirat islamique », le nouveau régime décrété par les talibans, cherche à asseoir sa légitimité auprès de la population, comme du reste des nations. Des milliers d’Afghans, dont une grande partie de l’opposition redoutant les exactions du mouvement islamiste, ont déjà fui le pays. Dans le pays, l’opposition civile aux talibans est devenue de fait impossible. Toutes les manifestations ont été interdites par le nouveau pouvoir depuis le 8 septembre et les contrevenants menacés de « sévères actions légales ».

Les talibans ont formé début août un gouvernement, dirigé par Mohammad Hassan Akhund, un ancien proche collaborateur du fondateur du mouvement, le mollah Omar décédé en 2013. Tous les membres de ce cabinet sont talibans et presque tous appartiennent à l’ethnie pachtoune. Ce nouveau gouvernement est désormais confronté au défi de la gestion civile d’un pays entièrement paralysé sur le plan économique et menacé d’une grave crise humanitaire. Aucun pays n’a pour le moment reconnu le nouveau régime mis en place en Afghanistan, même si le Pakistan, la Chine et le Qatar ont pu montrer quelques signes d’ouverture.