Strasbourg va accueillir 150 réfugiés afghans dès jeudi

AFGHANISTAN Le Grand-Est est prêt à accueillir dès ce jeudi matin 150 réfugiés afghans dans le cadre du pont humanitaire avec l’Afghanistan. Ils seront tous, dans un premier temps, hébergés à Strasbourg

Gilles Varela
— 
Arrivée de réfugiés afghans en provenance de Kaboul sur le tarmac de Madrid, le 24 août 2021.
Arrivée de réfugiés afghans en provenance de Kaboul sur le tarmac de Madrid, le 24 août 2021. — Andrea Comas/AP/SIPA

La ville de Strasbourg le souhaitait, l’Etat l’a décidé. Dès demain jeudi, 150 réfugiés afghans qui ont réussi à fuir leur pays à la suite de la  prise du pouvoir par les talibans seront accueillis dans le centre-ville de la capitale européenne dans le cadre de l’opération d’urgence mis en place par la France. Ils font partie des 2.000 réfugiés déjà évacués via Abou Dhabi et dont la majorité, pour des raisons pratiques et logistiques, est d’abord hébergée en région parisienne.

Un « accueil de qualité »

Les 150 personnes arriveront en bus depuis l’aéroport de Roissy jeudi matin et pourront effectuer leur quarantaine de dix jours à l’hôtel Mercure, qui a été réquisitionné par l’Etat pour une durée d’un mois, afin d’avoir une certaine marge « dans le cadre de cette situation exceptionnelle et temporaire », précise la préfecture qui chapeaute l’opération. L’important « est la mise à l’abri des personnes », a souligné lors d’une conférence de presse Josiane Chevalier, préfète du Bas-Rhin et du Grand-Est. « Un dispositif temporaire et d’urgence » dont la priorité a été donnée à un « accueil de qualité, à la solidarité » après « les traumatismes subis » a ajouté la préfète. Pour l’heure, les autorités strasbourgeoises ne connaissent pas encore le profil et l’état de santé de ces 150 personnes, s’il y a des familles, des enfants… Elles s’adapteront en conséquence.

Forte de sa longue expertise en la matière, l’association d’aide aux réfugiés et demandeurs d’asile Foyer Notre-Dame a immédiatement répondu à l’appel de l’Etat pour assister et accompagner les nouveaux arrivants. L’agence régionale de santé (ARS) va prendre en charge toute l’évaluation médicale, la prise en charge psychologique. Le tout sera entièrement financé par l’Etat qui va également s’appuyer sur plusieurs associations dont la Croix-Rouge.

Les réfugiés bénéficient pour l’instant d’un visa de quinze jours et l’Office français de l’immigration et intégration (OFII) s’est également mobilisé pour évaluer leur vulnérabilité, les besoins, mais surtout accompagner ceux qui le souhaitent dans leurs démarches de demande d’asile. Un guichet unique va être ouvert afin de faciliter leur venue avant de suivre, plus tard, un chemin d’intégration classique. « On est au rendez-vous », assure la préfète.