Afghanistan: Un minaret classé à l'Unesco échappe de justesse aux inondations

IN EXTREMIS Le gouvernement appelle à une solution pérenne pour renforcer l’édifice et le protéger de futures menaces

20 Minutes avec agences

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Le minaret de Jam, en Afghanistan (illustration).
Le minaret de Jam, en Afghanistan (illustration). — /NEWSCOM/SIPA

Le minaret de Jam, menacé par des inondations dans l’ouest de l’Afghanistan, est hors de danger. Les eaux ont atteint la base de la tour et « endommagé le mur de protection » selon le porte-parole du gouverneur de la province de Ghor, mais le courant a pu être détourné à temps.

Pendant trois jours, près de 300 habitants ont aidé à détourner les flots d’eau boueuse qui entourait le minaret, classé au patrimoine mondial par l’Unesco. Datant du XIIe siècle, il s’agit du deuxième minaret en briques le plus haut du monde, culminant à 65 m.

Une protection pérenne nécessaire

Construit à l’intersection de deux rivières, il était menacé par les inondations qui touchent six provinces afghanes depuis une semaine et ont déjà tué 24 personnes. Le gouvernement afghan a estimé que des « mesures sérieuses » devaient être prises pour protéger l’édifice à l’avenir.

« Nous avons besoin de toute urgence d’une équipe d’experts pour nettoyer la base du minaret et construire un mur de protection adéquat », a déclaré le responsable du département de l’information et de la culture de la province de Ghor. « Il est hors de danger maintenant mais s’il y a de nouvelles inondations, le minaret est désormais vulnérable. »

Premier bâtiment afghan protégé par l’Unesco

Le minaret de Jam est situé dans une région reculée, en grande partie contrôlée par les talibans. L’Unesco n’a pas encore pu accéder à l’édifice mais une mission d’évaluation sera organisée « dès que les conditions sur place le permettront ».

Le minaret de Jam a été érigé à la frontière des provinces de Ghor et de Herat. Bâti sur une base octogonale, il possède un double escalier intérieur et sa façade extérieure est richement décorée. En 2002, il est devenu le premier site afghan à être inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco.