Présidentielle américaine: Ann, l'atout coeur de Mitt Romney

Philippe Berry

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Ann  et Mitt Romney saluent les supporteurs républicains, le 29 août 2012 à Tampa, en Floride.
Ann  et Mitt Romney saluent les supporteurs républicains, le 29 août 2012 à Tampa, en Floride. — J.SKIPPER/REUTERS

De notre envoyé spécial à Tampa

Mitt Romney a du mal à fendre l'armure. Mardi soir, il avait donc chargé sa femme, Ann, de briser la glace pour lui, en ouverture de la Convention républicaine de Tampa, en Floride.

 

«Je suis tombé amoureuse de ce garçon après un bal au lycée, et vous devriez vraiment apprendre à la connaître», a-t-elle lancé devant une salle debout. Selon elle, Romney «est l'homme dont l'Amérique a besoin pour se redresser» comme il l'a prouvé en «sauvant l'organisation des JO de Salt Lake City» et en «créant des emplois» à la tête du fonds Bain Capital.

 

Mitt, l'homme

 

Ces dernier jour, elle s'est beaucoup épanchée dans les médias sur leur «love story». Elle rencontre Mitt quand elle a 16 ans et lui 18. Un «coup de foudre immédiat». Mais Ann l'a joue «cool» et va à des dates avec d'autres soupirants. «Ça m'a rendu fou», confie son mari. Quand Mitt joue les missionnaires mormons en France pendant deux ans et demi, elle «doute» et fréquente même un autre homme.

 

Sur les routes de Gironde, Mitt Romney subit un grave accident de voiture. «Pendant une journée, on ne savait pas s'il était mort ou vivant», raconte Ann à CNN. Elle se convertit alors à la foi mormone malgré les réticences de sa famille et épouse Mitt à son retour en 1969.

 

Une famille presque comme les autres

 

Celle qui a choisi une vie de mère au foyer a eu de quoi s'occuper avec cinq fils et 18 petits enfants. Mais elle rejette l'image de «famille parfaite et privilégiée» brossée par les critiques. «Dans les contes de fées, il n'y a pas de sclérose en plaques ni de cancer du sein», lance-t-elle avec un air de défi. «Mitt a toujours été à mes côtés. Il se glissait dans notre lit, me prenait dans ses bras et me disait ''on va s'en sortir''», confiait-elle, lundi, sur CNN.

 

 

Bouclier

 

Seul un Américain sur trois trouve Mitt Romney «plus sympathique que Barack Obama». Le candidat en est conscient mais répond régulièrement:«Je préfère être respecté plutôt qu'aimé». Il met souvent en avant son avantage dans les sondages sur l'économie et le problème de la dette.

 

Si Mitt Romney est Monsieur Prudent, c'est qu'il a vu, aux premières loges, les dégâts qu'une simple remarque pouvait infliger à une campagne présidentielle. En 1967, son père, George Romney, candidat à l'investiture républicaine, explique son revirement sur le Guerre du Vietnam par un «lavage de cerveau» de l'armée. La gaffe lui coûtera cher.

 

Malgré tout, «une élection se joue beaucoup à l'affectif», souligne le stratégiste républicain Patrick Dorinson. Selon lui, Mitt Romney va devoir «se lâcher un peu» jeudi soir lors de son discours d'acceptation. Il a déjà commencé sur scène, mardi, en venant embrasser sa compagne. Comme après le bal.