Nigeria: Le gouvernement confirme des discussions avec Boko Haram

Reuters

— 

Le porte-parole du président nigérian Goodluck Jonathan a confirmé ce dimanche la tenue de discussions avec plusieurs membres de la secte islamiste Boko Haram, par le biais de «canaux secrets», afin de trouver une issue pacifique aux conflit qui sévit dans le nord du pays.

Les insurgés avaient démenti jeudi l'existence de ces pourparlers, arguant qu'aucune discussion n'était possible sans la transformation du pays en un Etat islamique régi par la charia. Mais le porte-parole du chef de l'Etat, Reuben Abati, a indiqué dimanche à la presse que des discussions étaient bien en cours avec certains membres de Boko Haram.

Insurrection armée contre le gouvernement

«Ce dialogue prend la forme de canaux secrets (...) dans le but de comprendre les revendications exactes de ces personnes, et de voir ce qui peut être fait pour résoudre la crise», a-t-il déclaré. Boko Haram, qui souhaite instaurer un Etat islamique dans le Nord, mène depuis 2009 une insurrection armée contre le gouvernement qui a fait plusieurs centaines de morts.

La structure même de Boko Haram, qui comporterait plusieurs factions, complique considérablement les tentatives de dialogue du gouvernement avec le groupe islamique. La principale faction, dirigée par Abubakar Shekau, n'a jamais témoigné d'intérêt manifeste pour un dialogue ouvert.

La tentative la plus aboutie de prise de contact des rebelles avec le gouvernement a eu lieu en mars lorsque Datti Ahmed, un ancien allié de Mohammed Youssouf, le fondateur de Boko Haram tué en 2009, a fait une tentative d'approche. Les discussions ont finalement pris fin très rapidement, quelques jours après.