L'Irak cherche à contenir les débordements de la crise syrienne

Reuters

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L'armée irakienne tente d'endiguer les débordements de la crise syrienne, renforçant les contrôles à la frontière où les violences gagnent de plus en plus de terrain.

Les troupes irakiennes protégeant la frontière poreuse avec la Syrie ont été visées il y a deux jours par deux roquettes près du point de passage d'Al Kaim, situé dans l'ouest du pays sur l'Euphrate, mais aucun blessé n'était à déplorer, ont annoncé les autorités au cours du week-end.

Les forces irakiennes se sont de nouveau retrouvées sous les tirs tôt dimanche matin sans que l'on puisse déterminer avec précision qui était derrière la fusillade. La semaine dernière, un obus de l'armée syrienne est tombé sur Al Kaim, endommageant un bâtiment, mais ne causant aucune perte.

Voies de ravitaillement stratégiques

Par mesure de précaution, un bataillon de l'armée irakienne a pris la semaine dernière le contrôle de la frontière à la place de la patrouille frontalière régulière, a annoncé Mohammed Fathi, porte-parole du gouverneur de la province d'Anbar, région désertique de l'ouest du pays traversée par le fleuve Euphrate.

Le point de passage vers la ville syrienne d'Albou Kamal, qui fait face à Al Kaim de l'autre côté de la frontière, est temporairement fermé alors que les forces syriennes soutenues par l'aviation et les rebelles combattent pour contrôler la ville, située sur des voies de ravitaillement stratégiques depuis l'Irak.

Selon des responsables irakiens locaux, Albou Kamal est majoritairement sous le contrôle des rebelles anti-Assad, mais les forces de sécurité syriennes occupent encore une base et un aérodrome à l'extérieur de la ville, ce qui empêche les opposants au président Bachar al Assad de prendre le contrôle de la frontière.

«La base militaire à l'extérieur d'Albou Kamal est toujours sous le contrôle de l'armée syrienne régulière et les avions syriens et l'artillerie continuent de bombarder la ville pendant la nuit et ce matin», explique Farhan Ftaikhan, le maire d'Al Kaim.

Les débordements de la crise syrienne inquiètent le gouvernement chiite irakien, proche de l'Iran, qui lutte pour écraser sa propre insurrection et l'héritage des violences confessionnelles persistantes qui frappent le pays.
Bagdad reconnaît que des combattants sunnites traversent la frontière syrienne pour aller combattre contre le président Bachar al-Assad.