La journaliste japonaise tuée par une milice pro-Assad

Reuters

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Le chauffeur syrien qui a emmené la journaliste japonaise Mika Yamamoto jusqu'à la ville d'Alep a indiqué qu'elle avait été abattue par les hommes d'une milice loyale au président Bachar al Assad alors qu'elle suivait des rebelles dans une mission de sauvetage de civils.

Selon le chauffeur de 38 ans, Abdoulrahman, la journaliste de l'agence indépendante Japan Press et son collègue Kazutaka Sato ont traversé la frontière turque avec deux journalistes travaillant pour la chaîne de télévision Al-Hourra, financée par les Etats-Unis, et ont demandé à être conduits à Alep, dans le nord du pays.

«Touchée au cou et au bras»

Une fois sur place, les journalistes ont voulu se rendre dans le quartier de Salaheddine, en proie à de violents combats entre les rebelles et l'armée syrienne depuis des semaines, a indiqué le chauffeur. Selon ce dernier, l'équipe a alors parlé au commandant d'une unité de la brigade rebelle Taouheed, nommé Abou Nasser, qui a désigné un de ses hommes pour escorter l'équipe à travers la ville.

Une attaque aérienne a alors frappé le quartier de Souleiman al Halabi, décidant les journalistes à changer de plans et à venir filmer la mission de sauvetage des rebelles, quoique le commandant Abou Nasser les en ait dissuadés. Abou Nasser a indiqué qu'elle avait filmé les «chabiha» à moins de 50 mètres et qu'elle avait été touchée au cou et au bras», a déclaré le chauffeur. «C'est possible qu'elle ait pensé que c'était des civils parce qu'ils ne portaient pas d'uniformes», a-t-il ajouté.

Les rebelles ont emporté le corps de la journaliste et trouvé son collègue, Kazutaka Sato, réfugié au cinquième étage d'un bâtiment à proximité. Le commandant Abou Nasser a précisé à Abdoulrahman que durant la fusillade, les deux journalistes d'Al-Hourra avaient été capturés par des miliciens «chabiha». Aucune nouvelle d'eux n'a filtré depuis. «J'ai emmené l'homme japonais et le corps jusqu'à la frontière», a ajouté le chauffeur.