Sommet des non-alignés: Ban Ki-moon et une trentaine de chefs d'Etat attendus à Téhéran fin août

© 2012 AFP

— 

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon participera au prochain sommet des pays non-alignés programmé les 30 et 31 août à Téhéran, malgré les fortes réserves exprimées par Washington.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon participera au prochain sommet des pays non-alignés programmé les 30 et 31 août à Téhéran, malgré les fortes réserves exprimées par Washington. — Jung Yeon-Je afp.com

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon participera au prochain sommet des pays non-alignés programmé les 30 et 31 août à Téhéran, malgré les fortes réserves exprimées par Washington, a annoncé mercredi son porte-parole.

Ban Ki-moon «viendra (y) transmettre les inquiétudes profondes et les attentes de la communauté internationale» sur le programme nucléaire iranien, le terrorisme et la guerre en Syrie, a précisé le porte-parole de Ban Ki-moon, Martin Nesirky. Ce dernier a ajouté que Ban Ki-moon «discuterait franchement» de la crise en Syrie et estimait que l'Iran devait faire partie de la solution à ce conflit.

Les Etats-Unis sceptiques

«En se rendant à Téhéran, il (Ban Ki-moon) exprime les inquiétudes internationales de façon bien plus claire», a encore souligné Martin Nesirky. L'agence officielle iranienne IRNA avait annoncé le 5 août que Ban Ki-moon avait accepté une invitation à se rendre au sommet du Mouvement des non-alignés, mais l'ONU n'avait jusque-là pas confirmé cette annonce.

Comme elle l'avait déjà fait le 16 août, la porte-parole du département d'Etat américain Victoria Nuland a bien pris soin mercredi de ne pas critiquer explicitement le voyage de Ban Ki-moon à Téhéran, se contentant de dénoncer l'Iran, comme «un pays qui viole toutes sortes de règles de l'ONU et qui a été une force déstabilisatrice».

«Nous espérons que ceux qui ont choisi de s'y rendre (à Téhéran), y compris le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, seront très fermes avec les Iraniens qu'ils verront quant à leurs obligations internationales», a déclaré Victoria Nuland. «Maintenant qu'il a décidé d'y aller, il doit en profiter pour dire directement aux dirigeants iraniens quelles sont les inquiétudes de la communauté internationale», notamment sur le programme nucléaire de Téhéran, a-t-elle ajouté.

Une «grosse erreur», selon Israël

D'après des diplomates à l'ONU, l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies, Susan Rice, aurait conseillé à Ban Ki-moon de ne pas se rendre à Téhéran. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait explicitement demandé à Ban Ki-moon de ne pas se rendre à ce sommet, parlant de «grosse erreur». Créé pendant la Guerre froide, le Mouvement des non-alignés compte 120 pays considérant ne faire partie d'aucun grand bloc ou alliance militaire.

«C'est une organisation internationale majeure et M. Ban n'a pas d'autre choix que d'assister à un événement de cette importance», a estimé un diplomate à l'ONU. L'Iran est dans le collimateur des Etats-Unis et des Européens pour son programme nucléaire controversé et son soutien au régime syrien. «Beaucoup de dirigeants qui seront à ce sommet partagent les mêmes inquiétudes sur l'Iran, mais cela ne les empêchera pas de venir», a encore dit le diplomate.