Israël s'inquiète des projets égyptiens dans le Sinaï

Reuters

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Les projets de déploiement de blindés égyptiens dans le Sinaï inquiètent l'administration israélienne, a déclaré mardi à Reuters l'un de ses membres ayant requis l'anonymat.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu n'a pas adressé de protestation formelle au Caire et préfère régler le problème dans le calme et par le dialogue, par exemple via une médiation américaine, pour éviter une aggravation des tensions apparues après le renversement d'Hosni Moubarak.

Selon une source proche des services de sécurité égyptiens interrogée lundi, l'armée s'apprête pour la première fois depuis la guerre du Kippour, en 1973, à faire usage de son aviation et de ses blindés dans le Sinaï pour écraser les extrémistes islamistes actifs à la frontière israélienne accusés de la mort de 16 gardes-frontières tués le 5 août.

Des blindés dépêchés sur place

La péninsule désertique située aux confins de l'Egypte, d'Israël et de la bande de Gaza est partiellement démilitarisée en vertu le traité de paix israélo-égyptien de 1979.

Selon le responsable israélien interrogé mardi, Le Caire y a d'ores et déjà dépêché «quelques» blindés. «Israël s'inquiète de l'entrée de véhicules blindés dans le Sinaï sans coordination», a-t-il souligné.

Des images de la télévision égyptienne tournées dans le Sinaï montrent le général Abdel Fattah al Sissi, ministre de la Défense, s'adressant à des militaires derrière lesquels ont peut voir des chars et des équipements lourds.

Bien que l'Etat hébreu ne considère par leur présence comme une menace, il tient à conserver un droit de regard sur les armes déployés dans ce secteur, a ajouté le haut fonctionnaire israélien.

Le gouvernement Netanyahu a, dans un premier temps, encouragé l'Egypte à agir contre les auteurs de l'attaque du 5 août.