L'Inde fait pression sur Internet après des rumeurs de troubles

Reuters

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L'Inde a demandé à plusieurs sites de réseau social, parmi lesquels Facebook et Twitter, de supprimer du contenu «incendiaire» qui aurait propagé des rumeurs à l'origine d'un exode d'émigrés vivant dans des grandes villes du pays.

«Beaucoup de contenu et de renseignements incendiaires et nocifs sont apparus sur des sites de réseau social hébergés hors du pays», a déclaré ce mardi le ministre des Télécommunications, R. Chandrashekar, menaçant de poursuivre en justice les sites qui n'obéiraient pas aux demandes du gouvernement.

Réaction «extrêmement insuffisante» de Twitter

Un communiqué du gouvernement dit que l'accès à 245 pages web, où se trouvaient des vidéos et des images qui répandaient de fausses rumeurs, a été bloqué. Ces bruits faisaient état de menaces de représailles contre des migrants originaires du nord-est de l'Inde à la suite de récentes émeutes contre des musulmans dans l'Etat d'Assam, au cours desquelles près de 80 personnes ont été tuées.

Selon R. Chandrashekhar, Facebook et Google ont largement obtempéré aux injonctions gouvernementales, mais la réaction de Twitter a été «extrêmement insuffisante», «peut-être parce qu'ils n'ont pas de siège en Inde».
Des représentants de Facebook en Inde ont dit «travailler sur les demandes» des autorités. Paroma Roy Chaowdhury, une porte-parole de Google, a déclaré que le groupe comprenait «la gravité de la situation».

Selon Google, les demandes de suppression de contenu de la part du gouvernement indien avaient augmenté de 49% entre juillet et décembre 2011. Un porte-parole du ministère indien de l'Intérieur a affirmé samedi que la vaste majorité des rumeurs, également propagées par SMS, provenaient du Pakistan, sans dire qui avait pu les diffuser.