Kofi Annan pour un déploiement en force

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Les contours d'une force internationale d'intervention au Liban se dessinent. Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU, a précisé hier à Bruxelles son idée lancée ce week-end : il faudrait que cette force bénéficie d'assez d'hommes et de moyens pour « stabiliser la situation ». En clair, qu'elle n'ait rien à voir avec les 2 000 hommes de la Force intérimaire des Nations unies (Finul), déployés au Liban depuis 1978 et qui ont surtout fait preuve de leur impuissance faute de pouvoir s'interposer entre les belligérants.

La nouvelle force devrait « avoir un concept opérationnel modifié, avec des compétences différentes » et la possibilité d'« opérer dans le Sud », a ajouté Kofi Annan. L'objectif est de donner au gouvernement libanais « le temps de s'organiser et de se préparer » afin qu'« à terme il puisse étendre son autorité sur tout le territoire, y compris le Sud » et puisse « régler la question du désarmement des milices ».

Mais peu nombreux sont ceux qui pensent que l'armée libanaise, multiconfessionnelle et à majorité chiite, puisse un jour participer au désarmement du Hezbollah, également chiite. Reste surtout à mettre sur pied cette nouvelle force. Seul le Conseil de sécurité de l'ONU est habilité à le faire. Si plusieurs pays européens se sont dits prêts à y participer, la Russie et les Etats-Unis sont plus réticents. Sans parler d'Israël.

Clémence Lemaistre