Deux migrants originaires du nord-est de l'Inde jetés d'un train

Avec Reuters

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Deux Indiens originaires du nord-est du pays redoutant des représailles visant des musulmans à la suite de violences dans l'Etat de l'Assam ont trouvé la mort dimanche après avoir été jetés d'un train en mouvement. Neuf autres migrants ont été blessés lors de cet incident, survenu près de la gare de Jalpaiguri, dans le nord de l'Etat du Bengale occidental proche de l'Assam, a précisé un responsable des Chemins de fer indiens qui n'a pas voulu divulguer son nom.

Un grand nombre d'Indiens du nord-est ont quitté précipitamment les grands centres urbains du pays comme Bangalore et Bombay à la suite d'une vague de rumeurs propagés par SMS ou sur la Toile via les réseaux sociaux. Ces messages mettaient en garde contre des attaques de musulmans par des autochtones. La tension fait suite des violences qui ont opposé au début du mois dans l'Assam des musulmans à des membres de l'ethnie Bodo à propos de litiges fonciers. On avait dénombré des dizaines de morts.

D'après les médias, plus de 30.000 personnes originaires du Nord-Est, pour l'essentiel travaillant dans de grandes agglomérations indiennes, ont embarqué à bord de trains spéciaux affrétés par les chemins de fer pour regagner leur région d'origine. Samedi, le ministre indien de l'Intérieur, a affirmé que la vaste majorité des SMS et des images mises en ligne sur internet qui sont à l'origine du mouvement de panique émanaient du Pakistan voisin, ce que ce dernier a catégoriquement nié.

«Nous rejetons totalement ces allégations», a déclaré dimanche le gouvernement d'Islamabad dans un communiqué. «Ces allégations sont à nos yeux sans aucun fondement. Semblables déclarations irresponsables et non étayées ne contribuent pas à créer l'environnement propice que nous appelons de nos vœux». L'Inde et le Pakistan, les «deux frères ennemis du sous-continent indien», entretiennent des relations compliquées et, le plus souvent, tendues depuis la fin du Raj (empire des Indes) britannique en 1947. Vendredi, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, avait manifesté sdon inquiétude devant ces départs massifs, affirmant même que l'unité du pays était ici «en jeu».