Le Liban, exsangue, toujours dans l'impasse

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La poursuite de la spirale de violence fait craindre une crise humanitaire en raison notamment de la fuite de dizaines de milliers de Libanais de leurs villages bombardés ou détruits, surtout au sud, pour des zones moins exposées. Ces déplacés ont trouvé refuge dans les écoles, les jardins publics et des parkings de centres commerciaux en attendant l'aide humanitaire, alors qu'Israël impose un blocus aérien et maritime au Liban.
La poursuite de la spirale de violence fait craindre une crise humanitaire en raison notamment de la fuite de dizaines de milliers de Libanais de leurs villages bombardés ou détruits, surtout au sud, pour des zones moins exposées. Ces déplacés ont trouvé refuge dans les écoles, les jardins publics et des parkings de centres commerciaux en attendant l'aide humanitaire, alors qu'Israël impose un blocus aérien et maritime au Liban. — Mahmud Zayyat AFP

Ils sont arrivés hier soir. Les premiers français évacués du Liban par la France ont rejoint l'Hexagone après un long périple. Et ils ne sont pas seuls à fuir. Le nombre de nationaux qui rejoignent leur pays est recensé chaque jour par les chancelleries : 300 Russes hier, 600 Australiens demain et 5 000 Britanniques avant la fin de la semaine selon Tony Blair... Pour les Libanais, la donne est plus compliquée. La situation serait même « catastrophique », selon Roberto Laurenti, le représentant de l'Unicef à Beyrouth, qui avançe le chiffre de 500 000 déplacés par le conflit.

Au septième jour de l'offensive israélienne, on dénombrait 240 victimes côté libanais dont 23 soldats. Dans la nuit de lundi à mardi, Tsahal a visé deux casernes de l'armée libanaise, accusées de « coopération » avec le Hezbollah. La milice est la cible de toutes les attaques suite à l'enlèvement de deux soldats israéliens à la frontière. Depuis le retrait de Tsahal en 2000, le Hezbollah s'est déployé dans tout le sud du Liban, d'où il mène une guérilla acharnée contre l'Etat hébreu. Près de 700 roquettes se sont abattues sur le nord d'Israël en une semaine, faisant 25 victimes. Pour l'instant, les tirs n'ont pas visé la capitale, Tel-Aviv, mais personne n'exclut qu'ils y parviennent. Le Premier ministre, Ehoud Olmert, est donc déterminé à poursuivre la « bataille ». Il l'a affirmé hier à la délégation des Nations unies venue à Jérusalem. L'ONU, elle, préconise le déploiement d'une force de stabilisation au sud du Liban, capable de désarmer le Hezbollah. La proposition n'a pas été rejetée par le gouvernement israélien. Mais, en attendant, les deux parties campent sur leurs positions. Seul, le Premier ministre libanais, Fouad Seniora, réclamait hier un cessez-le-feu.

Marine Hardouin