L'Australie rejette l'extradition d'un criminel de guerre nazi vers la Hongrie

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La justice australienne a définitivement rejeté mercredi l'arrêté d'extradition vers la Hongrie de Karoly Zentai, un Australien d'origne hongroise de 90 ans, poursuivi pour crime de guerre à Budapest pendant l'époque nazie.
La justice australienne a définitivement rejeté mercredi l'arrêté d'extradition vers la Hongrie de Karoly Zentai, un Australien d'origne hongroise de 90 ans, poursuivi pour crime de guerre à Budapest pendant l'époque nazie. — Tony Ashby afp.com

La justice australienne a définitivement rejeté mercredi l'arrêté d'extradition vers la Hongrie de Karoly Zentai, un Australien d'origne hongroise de 90 ans, poursuivi pour crime de guerre à Budapest pendant l'époque nazie.

Karoly Zentai figure sur la liste des «dix criminels nazis les plus recherchés» du Centre Simon Wiesenthal. Il est soupçonné d'être un des trois soldats hongrois qui ont torturé et tué un jeune juif de 18 ans, Peter Balazs, à Budapest le 8 novembre 1944. Zentai servait alors dans l'armée hongroise, alliée du régime nazi pendant la Seconde guerre mondiale. «Je suis bouleversé», s'est exclamé le vieillard dans un entretien avec la chaîne de télévision ABC à Perth après l'annonce de la Haute cour. «J'ai été si stressé, surtout ces derniers jours, alors maintenant je ne sais même plus ce que je ressens».

Il nie avoir été un nazi

Arrivé en Australie en 1950, Karoly Zentai - qui a anglicisé son prénom en Charles -, aujourd'hui citoyen australien, récuse les accusations le visant. Il prétend qu'il avait déjà quitté la Hongrie et nie avoir jamais été nazi. Le gouvernement australien avait approuvé son extradition en 2009, avant que cette mesure ne soit annulée en première instance en 2010, puis en appel en 2011. La Haute cour, dont les décisions sont définitives, a estimé que Karoly Zentai ne pouvait être extradé car la notion de crime de guerre n'existait pas en Hongrie à l'époque des faits. «M. Zentai ne sera donc pas remis aux autorités hongroises», a constaté une porte-parole du ministère de l'Intérieur, lequel oeuvrait depuis plusieurs années pour le faire expulser vers son pays d'origine. Arrêté en 2005, Karoly Zentai avait été libéré sous caution en décembre 2009.

Budapest a demandé son extradition après des accusations émises par le Centre Simon Wiesenthal -qui traque les anciens nazis à travers le monde - et selon lesquelles il a fui l'Allemagne après la guerre en se faisant passer pour un réfugié. Son avocat australien, Denis Barich, s'inquiétait mercredi qu' «on pense que M. Zentai n'est pas poursuivi pour une raison de procédure alors que ce n'est qu'une petite partie des raisons qui font que cette affaire n'aurait jamais dû aller aussi loin».

Karoly Zentai s'est dit prêt à répondre aux questions d'enquêteurs hongrois qui feraient le déplacement en Australie.

Certaines voix se sont élevées après la décision de la Haute cour pour évoquer un changement des procédures d'extradition qui limitent, selon elles, pour des raisons purement techniques, la possibilité de juger un crime présumé.