Syrie: Villepin estime qu'il faut garder l'option militaire ouverte

Reuters

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La France, que Dominique de Villepin juge «un peu trop sur le reculoir» sur le dossier syrien, doit garder l'option militaire ouverte pour «donner des dents» à sa diplomatie, a estimé dimanche l'ancien Premier ministre.

L'opposition de droite et l'ancien président Nicolas Sarkozy ont fortement critiqué ces derniers jours l'attentisme présumé de François Hollande sur le dossier syrien. La France recherche «obstinément» les moyens d'une transition politique en Syrie, a répliqué samedi le président français.

«Aujourd'hui, nous sommes sans doute un peu trop sur le reculoir (...) nous devons être en pointe, c'est-à-dire mobiliser à tous les échelons», a déclaré dimanche Dominique de Villepin sur Europe 1.

«Je suis pour que la diplomatie française se donne des dents nécéssaires, ça veut dire garder l'option militaire ouverte, parce que si demain nous sommes sur une crise ouverte dans la région, il faudra bien que d'une façon ou d'une autre nous nous en mêlions», a-t-il ajouté.

Ne pas «laisser en paix» les diplomaties russe et chinoise

Tout en rejetant une intervention militaire dans l'immédiat, celui qui s'est battu en 2003 pour empêcher l'intervention américaine en Irak prône, entre autres mesures, la création de couloirs aériens protégés en Syrie et un déploiement aéronaval au large du pays.

Dominique de Villepin appelle par ailleurs Paris à ne pas «laisser en paix» les diplomaties russe et chinoise, qui ont jusqu'ici opposé leur veto aux propositions de résolutions condamnant le régime de Bachar al Assad.

Paris a envoyé une mission médico-chirurgicale à la frontière jordano-syrienne pour porter secours aux réfugiés syriens et aux blessés, et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius se rendra du 15 au 17 août en Jordanie, au Liban et en Turquie pour évoquer la situation syrienne.

La France a également convoqué pour le 30 août une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU, dont elle a pris la présidence tournante le 1er août.

Le conflit syrien a fait 18.000 morts en près de 17 mois, selon les organisations proches de l'opposition.