« Nous sommes à la limite de la partition du Liban »

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Trois questions à Antoine Sfeir, libanais, directeur des Cahiers de l'Orient, spécialiste du Proche-orient.

Pourquoi une telle crise au Proche-orient ?


Il faut comprendre que les Israéliens n’attendaient qu’un prétexte pour attaquer le Hezbollah. L’enlèvement de leurs deux soldats a été l’occasion d’appliquer un plan mûrement réfléchi : démanteler la milice chiite. Pour cela, Israël cherche également à renverser la tendance de soutien au Hezbollah en s’appuyant sur le ras-le-bol de la population, chiite ou sunnite.

Quel est le rôle de la Syrie et de l’Iran dans ce conflit ?

Ils sont directement et indirectement acteurs de cette crise. Ce sont des pays qui livrent des armes, des missiles, au Hezbollah.

Une issue diplomatique, comme le préconise le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Mark Reguev ?

Non, selon moi c’est trop tard. Israël risque de se retourner contre l’Iran et la Syrie, et pas forcément tout seul… Dans l’immédiat, il faut élargir les pouvoirs de la Finul (Forces intérimaires des nations unies au Liban), qui n’a pour le moment pas les moyens d’intervenir, pour lui permettre l’application de la résolution 1559, qui prévoit le démantèlement de la milice du Hezbollah. La situation est très grave. Nous sommes à la limite de la partition du Liban. 

Recueilli par Sandrine Cochard