Le Liban s'embrase, les étrangers s'en vont

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Israël poursuit son offensive au Liban contre le Hezbollah. En réponse, la milice chiite, qui a enlevé deux soldats israéliens mercredi, continue ses tirs de roquettes sur l'Etat hébreu. Des attaques dont les civils restent les principales victimes. Au moins quarante-cinq personnes ont été tuées hier au Liban, dont huit Canadiens, et huit civils à Haïfa au nord d'Israël. « Nous allons utiliser tous les moyens », a menacé hier le chef de la milice, Hassan Nasrallah.

Signe que la guerre s'installe, les étrangers sont évacués. Si la France se contente de parler d'« aide au départ volontaire », l'Espagne a sorti 116 ressortissants, l'Allemagne 200, la Grèce une cinquantaine. Et d'autres vont suivre, malgré les difficultés. Car pour isoler le Hezbollah de ses soutiens financiers et logistiques que sont la Syrie et l'Iran, Israël a bombardé l'aéroport international de Beyrouth, la capitale libanaise, les ports du pays et ses principaux axes routiers.

Au risque d'embraser la région. Israël aura des « pertes inimaginables » s'il attaque la Syrie, a prévenu l'Iran hier matin. « L'Etat hébreu n'attaquera pas Damas de peur de faire tomber le pouvoir alaouite de Bachar el-Assad et qu'il soit remplacé par un régime pire », estime cependant Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes qui rappelle que, depuis 1967, pas une cartouche n'a été tirée sur le Golan, territoire syrien occupé par Israël.

Seule lueur d'espoir : après cinq jours d'âpres discussions, les membres du G8 ont signé une déclaration commune demandant un arrêt de l'offensive israélienne et la fin des bombardements du Hezbollah visant l'Etat hébreu.

Clémence Lemaistre