Lourdes pertes économiques pour le Liban

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Par ailleurs, la police libanaise a fait état de tirs de "quatre missiles air-sol sur la route du no man's land", long de six kilomètres, "entre le Liban et la Syrie, à 200 mètres du poste frontalier libanais de Masnaa".
Par ailleurs, la police libanaise a fait état de tirs de "quatre missiles air-sol sur la route du no man's land", long de six kilomètres, "entre le Liban et la Syrie, à 200 mètres du poste frontalier libanais de Masnaa". — Manu Pochez AFP

Pour le Liban, pris en otage entre Israël et le Hezbollah, l’addition s’annonce déjà très lourde. En cinq jours de bombardements intensifs de l’armée israélienne, Beyrouth a repris son visage des années 1980 : routes explosées, ponts détruits et bâtiments éventrés, le tout sous la poussière de béton. Et déjà le ministre libanais des Finances, Jihad Azour, fait ses calculs : rien que pour la destruction des infrastructures la facture « s’élève à 500 millions de dollars ». Auquel il faut ajouter un important manque à gagner.

Tandis que les raids aériens et les bombardements se multiplient, les touristes fuient, leurs devises en poche. Beyrouth, qui tablait sur un été touristique record avec 1,6 million de visiteurs, va devoir revoir ses objectifs. Même sentence pour le reste de l’économie libanaise : les investisseurs qui commençaient à revenir devraient revoir leur priorité. Depuis le début de l’année, taux de croissance, balance des paiements, inflation … la majorité des indicateurs économiques étaient au vert.

Le coup est donc rude pour le petit pays du Cèdre, à peine sorti de quinze ans de guerre civile (1975-1990) et qui était en train d’achever sa reconstruction. Au prix d’une lourde dette publique : 38 milliards de dollars. «Avec une telle dette, le Liban ne pourra pas reconstruire ses infrastructures», déplore Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes. D’autant plus que la croissance va désormais être nulle, qu’il est illusoire de penser que Beyrouth atteindra son objectif de 4% à 5% de croissance en 2006 et surtout qu’il lui faudra plusieurs années pour se remettre de l’offensive israélienne.

Clémence Lemaistre